Célibataire endurci, couvé par une mère possessive, un banquier de province hérite d'une agence matrimoniale à Paris. Le film commence en voix off et adopte un ton documentaire qui perdurera jusqu'à la fin. Chronique de la France du début des années 50, Agence matrimoniale est terriblement attachant par sa capacité à s'immiscer dans la solitude et le désarroi des gens qui ne trouvent pas "chaussure à leur pied." Avec une foule de personnages avec leurs particularités qui n'entrave pas l'intrigue principale autour d'un couple qui se forme enfin, longtemps après une affinité d'enfance, et après des timidités et des maladresses d'adultes. Bernard Blier est magnifique dans un rôle pudique et généreux aux côtés de l'élégante et talentueuse Michèle Alfa et d'un Carette, toujours aussi gouailleur mais sans cabotinage. Sans être un grand film, c'est un oeuvre estimable qui saupoudre équitablement tendresse et amertume. Et un portrait d'époque qui sonne très juste sans chercher aucun effet.