Le roman dont est tiré Agnès de rien ne doit pas valoir tripette si l'on en juge par le film de Pierre Billon, cinéaste assez prolifique qui n'a guère brillé qu'avec Vautrin et L'homme au chapeau rond. L'histoire d'Agnès de rien n'a aucun intérêt alors que tout est fait pour créer une atmosphère à la limite de l'horreur pour la jeune héroïne (Danièle Delorme, bien tendre pour le rôle), entre une belle-mère folle, sa fille méchante comme une teigne et le mari de la susdite, alcoolique désabusé. Hélas, tout ceci est bien artificiel, jusqu'à une histoire sentimentale incongrue et un dénouement grotesque et bâclé. Même Paul Meurisse, moyennement convaincant, surtout en amoureux transi, ne peut sauver les meubles. Un film de rien, rationné en émotion comme l'époque, l'après-guerre, à laquelle il a été tourné.