Ce film donne l’impression d’être né de la rencontre d’un projet d’étudiant en cinéma et d’un cercle militant LGBT+ japonais : peu de moyens, beaucoup de bonnes intentions.
Le côté feel-good du film le distingue de la masse et n’est pas sans rappeler Big Eden. C’est agréable de regarder un film où l’homosexualité ne confine pas aux tropes tragiques ou d’amour impossible.
Plusieurs sujets intéressants sont traités : la manière dont l’État tue la vie rurale en s’en retirant, l’ambivalence des sentiments des Japonais à l’égard des étrangers…
La romance donne lieu à des scènes mielleuses, mais adorables. On y croit presque, à certains moments.
Le jeu des acteurs et actrices ne suit malheureusement pas les ambitions du film. Et puis ça manque désespérément de nuance, d’un côté le stéréotype du gay américain à la voix nasillarde, de l’autre le Japonais dur à cuire qui intériorise tout. Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Il aurait fallu plus d’idiosyncrasie pour chacun, de petits détails pour les faire passer de clichés à de véritables personnages.
Le scénario n’est lui-même pas exempt de défauts.
Incohérent, comme dans cette scène où l’oncle de Ken, vieux jeu attaché aux traditions, accepte immédiatement le souhait de son neveu de tout envoyer balader tel Saint Paul sur le chemin de Damas.
Niais, avec les gags lourds tels que celui de l’annonce de mariage entre Lucas et la fille de la propriétaire.
Avec de grosses ficelles, on sait déjà comment va finir le film à son tiers et plusieurs plot-twists sont manquent de subtilité.
Malgré tout, même si la réalisation est d’un niveau de série B, ce film m’a tout de même plu. Il a ce côté mielleusement réconfortant (à petite dose) qui fait du bien par les temps qui courent.