Sans doute persuadé que sa vie est passionnante, Rodrigo Sorogoyen nous invite à découvrir son monde.
Un monde de trentenaires valides, blancs, hétéros, pas moches, pas pauvres. Des trentenaires de classe moyenne qui font des trucs de trentenaires de classe moyenne : la fête, les sorties entre potes, pécho en soirée, le sexe, le travail, les voyages, encore la fête, s’embrouiller avec le copain ou la copine du moment… il suffit d’y apposer l’étiquette « réalisme » et tout d’un coup c’est génial, on est prié·es de trouver passionnantes les fluctuations de leurs états d’âme, et universelles leurs tracasseries bourgeoises.
J’ai une autre interprétation : les dialogues ne surprennent pas, les personnages n’ont pas grand-chose à dire, ne vivent rien de digne d’être raconté, sont conformes aux attentes de la société. Ainsi ces personnages se succèdent-ils à l’écran et sont aussitôt oubliés.
Sauf peut-être pour la frange de la population qui se sentant flattée d’être représentée à l’écran, parlera de thèmes « universels » et de personnages « miroirs ».