"Alerte à Singapour" – 1954 de Robert Aldrich est un brouillon très brouillon, une esquisse vite torchée, loin de la maîtrise éblouissante de "Kiss me deadly" l'année suivante.
On y trouve :
-la menace nucléaire objet de marchandage,
-un cerveau de la pègre cynique qui se la joue,
-un détective minable – incarné par Dan Duryea qui physiquement est un proto-Ralph Meeker cabossé –,
-une héroïne dietrichienne, avec poupées dans sa loge et smocking pour pousser la chansonnette androgyne, faussement nostalgique des pruniers en fleurs à Shanghaï (suivez mon regard),
-de l'exotisme chinois façon Hollywood, teinté de la condescendance raciste en vigueur dans l'occident des années 50.
Les acteurs manquent de charisme et font penser à des doublures ; quant à l'intrigue, elle se déroule sans surprise, avec un air de déjà vu, sans recul ni pas de côté.
Ce métrage peine à intéresser vraiment. Ça fait le job mais ça se traine, des séquences sont trop longues, des plans sont inutiles et l'affrontement final dans le village flirte avec l'amateurisme.
Bref, Aldrich était encore dans sa chrysalide.