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le 14 mars 2022
SuivreMéta morphose
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Je vais être d'une honnêteté brutale : j'ai trouvé ça franchement moyen. Le plus gros problème de ce film, c'est très probablement qu'il vient de chez Pixar. Si Alerte Rouge était sorti d'un studio d'animation lambda, je serais certainement beaucoup plus indulgent. Mais quand la fameuse lampe sautille au début du générique, j'ai des attentes. J'attends de l'humour, de l'émotion, des personnages marquants, et surtout cette petite étincelle qui me fait dire à la fin : « Putain, c'était quelque chose ». Sauf que là, le générique de fin est apparu et ma seule réaction a été de soupirer un petit : « Bon… voilà, c'était Alerte Rouge ». Ce n'est pas mauvais, c'est même agréable à regarder, mais c'est terriblement anecdotique pour le studio à l'origine de Ratatouille ou Coco.
Pourtant, je reconnais volontiers que l'idée de départ est excellente. Une adolescente qui se transforme en panda roux géant à la moindre surcharge émotionnelle, c'est une métaphore en or massif pour aborder la puberté, les changements physiques, la honte, et le besoin viscéral d'indépendance. Sur le papier, Pixar avait une autoroute devant lui. Mei est une gamine qui s'épuise à vouloir être absolument parfaite et à cocher toutes les cases pour satisfaire sa famille. L'arrivée du panda vient incarner tout ce qu'elle tentait de réprimer : sa personnalité brute, ses envies, son côté spontané. Le message est pertinent : on ne peut pas passer sa vie à être la personne que les autres exigent qu'on soit. Mais le film traite tout ça avec une telle simplicité, de manière presque trop propre, que je suis resté complètement sur ma faim. J'aurais aimé quelque chose de beaucoup plus nuancé, de plus profond.
S'il y a bien un élément qui relève le niveau, c'est la relation entre Mei et sa mère, Ming. Son niveau de surprotection est tel qu'à ce stade, ce n'est plus de l'éducation, c'est littéralement la DGSI. Mais derrière ce comportement complètement excessif, on perçoit les propres blessures d'une femme qui reproduit malgré elle les attentes familiales écrasantes qu'elle a elle-même subies. C'était très intéressant, mais là encore, j'aurais aimé qu'ils appuient davantage là où ça fait mal. À la place, le film préfère se concentrer sur son véritable enjeu : 4*Town. L'obsession absolue de ces gamines pour ce boys band est très bien capturée, et ça donne quelques scènes amusantes. Le souci, c'est que l'humour autour de tout ça ne m'a pas fait éclater de rire une seule fois. J'ai souri devant l'absurdité de certaines situations, mais le côté ultra-caricatural m'a souvent fait tomber un peu à côté de la blague.
Techniquement, par contre, il n'y a absolument rien à redire. C'est magnifique, les couleurs pètent de partout, l'animation est ultra fluide, et le design du panda fonctionne à merveille. C'est une véritable arme de destruction mignonne, et je soupçonne fortement les animateurs d'avoir pensé certaines scènes dans l'unique but de nous arracher un gros « Awwww » de faiblesse (et ça a marché, je l'avoue). Le film possède une identité visuelle très marquée qui le sauve du naufrage générique.
Mais voilà, le constat final reste amer. Quand je repense aux chefs-d'œuvre du studio, ces films qui arrivent à transformer des histoires simples en claques émotionnelles universelles, Alerte Rouge fait bien pâle figure. J'ai très bien compris son message, j'ai saisi toutes ses métaphores, mais comprendre n'est pas ressentir. Émotionnellement parlant, je suis resté sur le quai de la gare. Je lui donne donc un 5/10, et pour du Pixar, je trouve que je suis déjà plutôt gentil de lui laisser la moyenne. C'est un panda roux adorable et bien animé, mais la magie n'a pas opéré.
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il y a 1 jour
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