Ça commençait plutôt mal, à peine que le film s'ouvre qu'on voit Lellouche, pas Gilles ! Non, Philippe, le raté de la fratrie. Pire encore, le long se permet une grossière incohérence avec le premier, présentant Medhi comme un membre de longue date d'Alibi.com, alors qu'il vient tout juste d'arriver dans l'agence dans le premier… pour un film comme Alibi.com, dont le scénario est primordial, c'est intolérable ! Plus sérieusement, autant les retours sur cette suite étaient plutôt bons, autant la seule autre suite que Lacheau avait réalisée, Babysitting 2, m'avait plus déçu qu'autre chose. Il me tardait donc de voir si, tout comme cet autre diptyque, la suite allait s'avérer moins bonne que l'original.
Et le pire c'est que le long commence réellement plutôt mal. Je n'étais par exemple pas emballé à l'idée de voir Arielle Dombasle, et ce, pour des raisons évidentes — pas étonnant qu'avec une mère comme ça, qu'il n'ait pas envie de la présenter à ses futurs beaux-parents —, pourtant, ils ont bien réussi à jouer avec l'aura, le passif, de celle qui a eu droit à l'un des premiers rôles dans Les fruits de la passion de Shūji Terayama — je connais mes classiques. Chaque acteur a un rôle bien défini, Didier Bourdon interprétant un pingre, Gérard Jugnot un escroc, Catherine Benguigui quelqu'un que personne ne calcul — la pauvre, la rare fois où on la voit au cinéma c'est pour se foutre de sa gueule. Même si c'est encore le cas, on est sensiblement moins dans une démarche d'enchaîner les blagues pour enchaîner les blagues, quitte à ce que la moitié tombent à l'eau : le but c'est qu'elles fassent mouches et le pari est réussi. En outre, le film ne fait pas l'erreur de s'éparpiller en 1000 morceaux façon attentat terroriste islamique raté, ou, à l'inverse, nous pondre une morale bien chiante qui nous donnerait envie de nous retrouver à un mètre de l'autre personne peu recommandable sus citée.
Au passage, bien qu'on ne regarde pas une comédie pour son scénario, reste que celui d'Alibi.com 2 est prévisible, et même un peu forcé par moment, ne serait-ce que pour la justification derrière la réouverture de l'agence ; on sent qu'ils n'avaient pas prévu d'écrire une éventuelle suite lorsque le premier a été écrit, encore moins qu'il connaisse un tel succès. Mis à part ça… bah le film m'a fait rire. C'est un cruel plaisir de voir Greg s'enfoncer tout du long, avec ses deux mariages qui s'organisent l'un à côté de l'autre, avec lui comme marié dans les deux. Le rythme est bien géré, sans nul doute mieux géré que dans les autres productions du réalisateur. Plus surprenant, il arrive même à se montrer audacieux niveau mise en scène lors de l'une des dernières séquences, avec une bagarre intra-familiale qui n'est pas sans rappeler celle d'un Kingsman ou d'un World's End. Bref, sans nul doute le meilleur long-métrage de Lacheau avec le premier Babysitting.