La vie nous rappelle parfois gentiment à l'ordre. Il y aura ainsi fallu que je passe un week-end à Prague et aperçoivent, dans un cinéma, une affiche avec le nom de Jan Svankmajer pour me rappeler que oui, il fallait que je m'intéresse au cinéma de ce maître du stop motion.
Et si son Neco Z Alenky adapte librement le roman de Lewis Carroll, c'est pour en faire du pur Svankmajer. Car ici, le bonhomme anime tout et n'importe quoi (lapin empaillé, chaussettes, cartes à jouer), avec toujours cette même étrange absurdité, entre le truc franchement dérangeant et le comique, et nous raconte ainsi, dans les grandes lignes, le conte original. Mais à sa façon. En résulte un film qui ne ressemble à rien d'autre, fonctionnant sur un faux-rythme mais prenant malgré tout, tenant notre intérêt par son imagination folle, tordue, bizarre, et qui nous laisse avec une impression de rêve fiévreux.
Comme la petite Alice nous l'introduit espièglement d'entrée de jeu: C'est presque pour les enfants. Voire pas du tout, mais en tout cas, ça ne ressemble à rien d'autre, et c'est ça qui est bien.