Au delà des conventions professionnelles, une vraie relation intellectuelle

C’est un film tout simplement brillant.Alice et le maire raconte à priori un rapprochement improbable entre un homme politique et une jeune femme ayant fait de longues études de lettres, qui va devenir plus que sa consultante en communication politique ( « spin doctor » comme disent les anglo-saxons). Anaïs Demoustier et Fabrice Luchini ont des performances leur permettant d’explorer un éventail de postures de force, de fragilité ou de sensibilité. Accompagnés par des seconds rôles consistants ( Maud Wyler, Léonie Simaga et Thomas Chabrol entre autres), cette fresque a le mérite d’une tentative de « décloisonner »le monde politique et la société d’une grande ville française. Le réalisateur, Nicolas Pariser, sait aussi dépeindre la garde rapprochée d’un édile sans la rendre trop caricaturale,et surtout en observant sa mécanique, ses travers et son rythme effréné ( permettant au public une immersion dans le quotidien de ces hommes/femmes de l’ombre, ne comptant pas leurs heures pour animer les obligations et l’agenda de leur élu). L’exigence et le talent de Pariser le fait travailler sur le cadre ( formidables plans sur la ville de Lyon) tout en s’intéressant aux vies privées de ses personnages. Ces dernières sont empruntes de blues, d’aquoibonisme, de violents chocs frontaux avec la réalité et les autres. Le réalisateur du film démontre un sens formidable de l’observation, un timing à toute épreuve et une justesse dans le propos. Alice et le maire, prouve que les coulisses de l’existence sont éminemment plus révélatrices que le faux-semblant des apparences. Et puis l’histoire d’amitié entre Paul Théranaud et Alice Heimann au delà des conventions professionnelles et débouchant sur une vraie rencontre intellectuelle, permet de grands moments de respiration où écoute et bon appréciations de l’un et de l’autre font mouche. N’hésitez pas à voir ce film habité, pluriel et plutôt bien vu sur le genre humain, aussi varié soit-il, car il fait preuve d’une maîtrise rare.

Specliseur
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Cinéma 2022

Créée

le 22 mai 2022

Critique lue 94 fois

Specliseur

Écrit par

Critique lue 94 fois

1

D'autres avis sur Alice et le Maire

Alice et le Maire

Alice et le Maire

2

trineor

61 critiques

Que toute la philosophie au monde ne viendra jamais à bout de faire penser le hollandisme

Lorsque pour la première fois Alice rencontre Monsieur le Maire, celui-ci confie avoir besoin de retrouver des idées. Elle lui demande ce qu'il appelle une idée ; il répond qu'on sait bien ce que...

le 22 oct. 2019

Alice et le Maire

Alice et le Maire

3

lhomme-grenouille

2923 critiques

De la tristesse (cinématographique et politique) du hollandisme...

C’est triste… Oui, c’est triste de penser le cinéma comme ça. C’est même triste de penser comme ça tout court. Plus qu’un problème en soi, cet « Alice et le maire » est juste un symptôme. Symptôme...

le 12 oct. 2019

Alice et le Maire

Alice et le Maire

5

Plume231

2385 critiques

La République des idées !

L'échange des idées, oui, mais de quelles idées ? Surtout qu'une commune de 50 habitants ne pourrait pas vivre que sur des échanges d'idées, alors ne parlons même pas d'une immense métropole comme...

le 28 avr. 2022

Du même critique

Eiffel

Eiffel

8

Specliseur

948 critiques

Un biopic alternatif remarquable

Ce qui marque d’entrée dans Eiffel est la qualité des scènes d’époque du côté de Bordeaux où de Paris. Martin Bourboulon effectue une mise en scène épatante où chaque détail compte. Les extérieurs de...

le 13 oct. 2021

Paddington

Paddington

7

Specliseur

948 critiques

Un petit ours débonnaire dans un film drôle et optimiste

Je comprends mieux pourquoi nos voisins britanniques ont une affection si particulière pour Paddington.Ce petit ours péruvien et déraciné qui débarque à Londres a déjà un regard naïf mais pas tant...

le 14 déc. 2014

#JeSuisLà

#JeSuisLà

7

Specliseur

948 critiques

La destination plus que le voyage

Jesuislà est un film retors car les vingt premières minutes du film ne vous préparent volontairement pas à ce qui va suivre. En effet, le spectateur a tout juste le temps de se baigner dans la vie de...

le 7 févr. 2020