Pourquoi est-ce que je continue d'y croire ?
Quel est cet espoir qui me murmure à l'oreille "cette fois, c'est la bonne" ?
Depuis le choc du premier "Alien" et son deuxième épisode qui renforçait son univers et sa légende, jamais plus la fan de la créature que je suis n'a pu voir un seul film qui lui rende vraiment justice.
Pourtant, ça ne devrait pas être si compliqué de donner un résultat au moins honnête. Le design du xénomorphe n'est que cauchemar, comme le facehugger qui lui permet de venir au monde. Avec ces deux éléments, il suffit d'un environnement qui se prête à l'angoisse, des personnages intéressants, des réactions qui ont du sens, une vraie progression vers la terreur..
Ah, je viens de comprendre mon erreur.
Le problème, c'est que les films successifs et les spin-offs avec les Prédators pensent sans doute que l'aura de la créature suffirait à camoufler tout ce qui manque.
Malheureusement non, il faut toujours une idée et un développement derrière pour les mettre en valeur.
"Covenant" échoue bien malheureusement dans ce registre.
Les personnages n'ont aucune personnalité et la plupart sont de la simple chaire à canon pour quelques séquences de morts mal amenées. Ces personnes sont des scientifiques et comme dans "Prometheus", ils enchaînent les décisions qui négligent toute prudence et tout protocole de base à l'arrivée sur un environnement inconnu et potentiellement hostile.
On dirait Krilin et Sangohan qui débarquent sur Namek les mains dans les poches avant même de vérifier si l'atmosphère est respirable.
Dès lors, difficile d'avoir pitié de leur sort, car il nous est considéré comme logique quand les ennuis et les monstres leur tombent dessus.
Le retour de David, l'androïde de "Prometheus" n'amène rien de bon au film, si ce n'est de maintenir un faux suspens sur ses intentions. Pire, les personnages assistent à plein de moments où David montre clairement des signes d'instabilité, et pourtant ils ne prennent aucune mesure envers lui.
On passera sur le "twist" final qui n'en est pas un parce qu'on savait ce qui allait se produire 15 minutes avant, parce que c'était évident pour toute personne un rien familier avec ce type de mise en scène.
Il y a tellement d'instants frustrants dans "Covenant", des moments qui défient la logique, qui ne sont là que pour essayer de nous faire peur sans y parvenir (faute d'avoir installé une vraie tension), où le besoin de survie n'est causé que par la stupidité des personnages et non pas à cause d'une manipulation afin de tirer profit de la créature.
Malgré qu'on retrouve Ridley Scott à la réalisation, l'image et la mise en scène sont maintenues au minimum syndical. Aucun plan ne nous reste en mémoire, aucune scène ne vient s'imprimer dans notre inconscient. On se contente d'enchaîner les péripéties et de forcer les événements sans aucune subtilité ou intelligence.
L'homme vieillit, et peut-être que ça commence à se sentir dans sa façon d'aborder la franchise qu'il a lui-même lancée.
Même la créature ne parvient pas à nous intéresser. Vu qu'elle apparaît principalement en CGI, (et qu'elle apparaît seulement vraiment sur la fin), la technique par ordinateur lui retire une présence et une menace, paradoxalement à cause de mouvements bien trop vifs pour un monstre de cette taille, notamment sur cette scène ridicule perchée au vaisseau. Il lui est retirée une expressivité et une "lourdeur" essentielle aux deux premiers films Alien, et on ressent une distance entre les acteurs et le xénomorphe mal venue.
Non, ce film est une déception de bout en bout, dont les souvenirs s'estompent mais l'impression de gâchis persiste dans ma mémoire.
Je crois que comme "Terminator" et "Predator", il y a une partie nostalgique de moi-même qui continuera à suivre ces films au fur et à mesure des années et à passer de déception en déception. Non pas parce que je ne retrouve pas la même ambiance que lors de mon premier contact avec ces monstres sacrés du cinéma, mais parce que ces nouveaux films n'apportent rien aux franchises, aucune nouvelle idée, aucune thématique plus moderne, et qu'ils continuent de les maintenir sous respirateur artificiel pour des raisons pécuniaires.
Pourtant, je retournerai au cinéma, toujours motivée par cette petite voix dans ma tête "Peut-être la prochaine fois ? Ne te décourage pas".
Si seulement elle pouvait finalement la fermer, celle-là...