Je suis trop influençable, je devrais arrêter d'écouter des critiques. Au premier visionnage je n'avais pas détesté Alien Covenant, ni Prometheus d'ailleurs. J'avais déjà entendu tous les avis négatifs, je n'avais donc pas d'attente particulière. En outre, c'est seulement quelques mois avant la sortie d'Alien Covenant que j'ai décidé de découvrir la saga Alien. Bien que j'ai aimé la saga, et éprouvé comme beaucoup de la fascination pour l'Alien, elle n'est pas cher à mes yeux.
Cependant, en revoyant Alien Covenant et dans de bonnes conditions, j'ai passé un super bon moment. J'ai beaucoup aimé les réflexions que posent le film, notamment sur le rapport que l'homme a créé avec Dieu, ou son potentiel créateur.
Dans la scène d'introduction, David est éternel et parfait, possède l'indépendance d'esprit. Il sait que son créateur, que son maître va mourir, affaiblis par le temps, en somme, un mortel. Pourquoi lui obéir ? Ce n'est qu'une simple vie parmi tant d'autre. Ce qui fait une des forces de la religion, ce qui maintient à nous autres chrétiens, la foi, c'est le fait que la question de la "Mortalité" de Dieu nous ai totalement épargnée. On ne se demande pas si Dieu est ou ne sera plus, demain ou après demain. Dieu est éternel, la Foi vit grâce à cette "Notion".
Pour reprendre l'analyse d'Antoine Goya, au lieu de s'acharner à trouver des réponses sur notre ou nos créateurs, soyons nous-mêmes créateur ou créatrice de notre vie. "Être son propre Dieu", tel est le principe de David, il est le créateur de l'Alien, son œuvre. Il a pris les éléments de la nature pour peindre sa toile, c'est un artiste.
Autrement, la photographie m'a mis une énorme claque, je trouve qu'elle a mis à l'amande un bon nombre de divertissement de la décennie 2010. La mise en scène de Ridley porte tous le film. Les scènes nous prennent au tripes (Surtout l'Alien qui sort du dos). On ressent la peur, la terreur incontrôlable des personnages face à une situation anormale. Certes, c'est con de glisser sur une flaque de sang. Mais quand la peur panique nous gagne, la lucidité qui nous permettrait de se poser pour analyser l'environnement disparait totalement ; on est ni attentifs, ni concentré, on perd le contrôle. La plupart de ces personnages ne sont certes, pas assez développés, mais la mise en scène suffit pour être totalement pris par l'instant.
Le nouveau commandant suite au décès de l'ancien doit prendre les commandes et je trouve qu'on ressent totalement cette pression quand on réalise que nous avons la responsabilité d'un groupe, d'une entreprise.
Les personnages ne prennent pas les bonnes décisions, mais R.S montre avant tout des individus qui se laissent gagner, se laissent guider par leurs émotions et principes. Les personnages sont le contraire de David.
Voilà, moi aussi, j'aurai voulu qu'ils mettent un casque, mais personne n'est parfait, on fait tous des erreurs, c'est la vie. Big up Ridley !