En 2122, le cargo spatial Nostromo est dérouté pour répondre à un signal inconnu. L’équipage est tenu, par son contrat, d’aller explorer la source de cette émission pour trouver une vie extraterrestre. Ils découvrent un vaisseau écrasé ainsi que d’étranges œufs…


Les années 70 ont été prolifiques en films d’horreur (Halloween, Les dents de la mer, L’exorciste, Massacre à la tronçonneuse, Zombie, le crépuscule des morts vivants, etc.). À l’époque, le jeune Ridley Scott (OK, il avait déjà la quarantaine) se passionne pour la science-fiction et il a été très impressionné par 2001, l’Odyssée de l’espace. En collaboration avec l’artiste Hans Giger, il imagine un film d’horreur dans l’espace. La 20th Century Fox n’est pas très motivée pour produire cette œuvre atypique, mais après le succès sidérant de Star wars sorti en 1977, la société accepte. Elle rechignera encore à approuver l’apparence de l’alien et cherchera même à se débarrasser de Giger. Qu’importe, à force de persévérance, Ridley Scott et ses camarades parviennent à réaliser leur film.


Le casting comprend surtout des acteurs de théâtre, notamment la jeune Sigourney Weaver qui n’est pas très emballée au début pour jouer dans un film d’horreur. Lorsque Ridley Scott fait son audition et après avoir pris l’avis de ses collaboratrices pour avoir un point de vue féminin, il lui attribue le rôle de Ripley. Pour jouer l’alien, le jeune étudiant aux beaux-arts Bolaji Badejo est choisi en raison de sa taille (2,08 m) et sa minceur.


Le scénario est simple et classique avec les rebondissements de circonstance ; tout le génie provient du réalisme de la narration. Ridley Scott s’attache à rendre les personnages de ce huis clos aussi humain que possible, avec leur stupidité, leur bassesse et leur lâcheté, mais sans excès. Et surtout, à aucun moment l’accent n’est mis sur Ripley. Personne ne soupçonne cette jeune femme d’être l’héroïne, l’attention étant savamment détournée vers le capitaine Dallas.


L’autre trait extraordinaire et pourtant courant dans les années 70, c’est de ne quasiment rien montrer. À cette époque, les effets spéciaux modernes sont balbutiants ; Star wars est largement en avance sur son temps quand on le compare au Trou noir sorti pourtant 2 ans plus tard. Du coup, les cinéastes préfèrent les apparitions furtives, les entraperçus et les pénombres évocatrices. Mais le dosage est délicat, car trop cacher est frustrant alors que pas assez dévoile le latex et les ficelles ; c’est tout un art. Ici, Ridley Scott y parvient avec brio. Les quelques images de l’alien, filmées sous les stroboscopes et ruisselantes de bave, sont redoutables. On en voit suffisamment pour être terrorisé et pas assez pour se rendre compte qu’il s’agit juste d’un jeune gars habillé de latex.


À sa sortie, le film provoque de fortes réactions, allant même jusqu’à faire vomir certains spectateurs lors de l’avant-première. Je me souviens que ma tante était allée le voir à l’époque et était ressortie terrorisée du cinéma. Des semaines plus tard, elle en parlait encore… Évidemment, le film est un immense succès et assoit durablement la carrière de Ridley Scott. Il est devenu depuis une référence de l’horreur et a donné naissance à une cohorte de suites plus ou moins heureuses.


Alien est un chef-d’œuvre de l’horreur. Que l’on aime ou pas ce genre, sa réalisation est un exemple parfait de ce qu’il faut faire pour terrifier son public : frapper le spectateur avec un choc tel qu’il ne le comprend pas immédiatement et met quelques terribles secondes à réaliser ce qu’il vient de voir. C’est d’ailleurs exactement ce qui se passe dans la réalité au cours d'un drame violent. C’est pourquoi il faut être très prudent lorsqu’on regarde ce genre de spectacle, car le traumatisme peut être comparable et aussi destructeur. Ce film est tellement bien fait qu’il peut être dangereux pour les âmes sensibles. À voir en connaissance, donc.

OeilDePatrick
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le 23 juil. 2026

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OeilDePatrick

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