Pour fêter les 25 ans d'existence de sa firme Film Workshop, Tsui Hark s'est fait un plaisir, et a repris son propre Peking Opera Blues à la sauce contemporaine. Je n'ai pas vu ce dernier, mais All bout women est le portait de trois femmes ; l'une complexée par les hommes au point qu'elle se raidit en leur présence, une jeune PDG dont l'appétit envers la gent masculine est telle que ses amies ne l'invitent pas à leurs mariages de peur que leurs maris ne craquent pour elle, et la plus jeune (19 ans), qui est une personne recluse, et qui écrit des romans sur Internet qui présentent le portrait d'un homme idéal.
J'avoue que durant la première demi-heure, qui présente ces trois femmes, j'ai été séduit par l'énergie de la mise en scène, où les idées fusent, et qui montre clairement trois visages différents de la Femme ; complexée, croqueuse d'hommes et timide. D'ailleurs, j'aime beaucoup l'introduction de Kitty Zhang; la PDG, dont l'arrivée dans les bureaux de la société fait rougir les hommes, griller les ordinateurs, avec seul son assistant qui reste de glace devant le charme qu'elle produit.
Si le sujet est la recherche du grand amour, il se veut volontairement comique, voire outrancier, avec Zhou Xun, la jeune femme complexée, qui ne voit rien sans ses énormes lunettes, et quand elle s'intéresse enfin à un homme, lors d'une leçon de danse, elle est tellement stressée qu'elle se raidit comme un bâton, et que le type la fait tourner comme une roue ! Mais par ailleurs, elle se venge dans son centre de radiologie, où son esprit pervers prend le dessus sur les hommes, et elle va développer un phéromone lui permettant, peut-être, de trouver enfin le grand amour.
Phéromone qui est d'ailleurs ensuite au cœur du récit, et si j'avoue que les idées visuelles sont là, avec des textes s'inscrivant à l'écran, voire des posters qui s'animent, c'est bien barré pour m'accrocher sur la longueur, même si on ne peut pas nier que les trois actrices sont assez drôles. D'ailleurs, c'est clairement la Femme que Tsui Hark met en avant, les hommes passant le plus souvent pour des crétins, notamment la dernière scène, impliquant la jeune Kwai Lun-mei, celle qui écrit des romans sur Internet, qui sonne comme la morale de cette histoire.
Généralement, je suis client du cinéma de Tsui Hark, car on ne sait jamais vraiment ce qu'il va faire, au prix de larguer ses spectateurs (Time and Tide, si tu me lis...) ; ce qui est le cas avec All About Women, sorti d'ailleurs dans l'indifférence générale. Mais là, excepté le départ, c'est bien trop confus pour me convaincre totalement.