Bay=l'art du divertissement sous adrénaline. Avec Gyllenhaal/Abdul-Mateen II. Danger, blockbuster !

Mon cinéma d’action d’avril-mai 2026, débute avec « Piège en eaux troubles », un très bon Willis et un thriller aquatique conventionnellement assassin.

S’ensuit « Les ailes de l’enfer », un Nicolas Cage funissime à souhait, un cocktail aérien explosif et enivrant.

Voici que j’arrive sur « Ambulance », le dernier Michael Bay en date (film sur liste d’attente) que j’ai bien entendu raté lors de sa sortie cinéma... mais bientôt rattrapé car enregistré lors de sa première diffusion télé sur France2 (en janvier 2024) !

Et finalement, c’est un film d’action qui va à 200 à l’heure ! Un condensé de « Speed », « L’arme fatale », « Heat » et de tous ces thrillers/films d’action des 80’s-90’s.


Synopsis.

Los Angeles, de nos jours. Quand un criminel s’associe avec son frère vétéran pour mener à bien une dernière mission, un ultime casse, et que l’opération tourne mal, ces deux là se retrouvent obligés de prendre en otage une infirmière, un policier (entre la vie et la mort), et un véhicule : une ambulance ! Une course contre-la-montre entre policiers et braqueurs est lancée… .


Tout d’abord, deux petites notes.

‘La reine du bal’, c’est pour la référence à « Rock », du même Michael Bay, sommet du film d’action des 90’s : comment ne pas y penser d’entrée avec la p’tite musique de Hans Zimmer en fond sonore au même moment ?

Egalement, juste après le braquage, comment ne pas penser à « Heat » lors de l’affrontement entre policiers et braqueurs lors de la fusillade qui a lieu en pleine rue de L.A. city ? De cette scène mémorable (« Heat »), le réalisateur californien natif de cette cité orchestre à sa manière une scène de défouraillage à sec qui contribue à nous mettre dans l’ambiance de cette prise d’otage.


Avec « Ambulance », le réalisateur du plutôt méconnu « No pain no gain » (avec Mark Whalberg) nous entraîne non pas dans des explosions mirobolantes, mais dans une histoire simple, secoué comme jamais.

Sa mise en scène, délaissée de ses tics de réalisation qu’on avait vu principalement dans « Bad boys », « Rock » et « Armageddon » (images à la volée, montage qui va dans tous les sens, cadrage incertain), se fait à son avantage, va dans son sens et nous offre un point de vue intérieur (centré sur les visages des protagonistes)/extérieur (avec une idée de mise en scène de vitesse : travellings arrières couplées à des avancées du haut des immeubles jusqu’à des tunnels qu’emprunte l’ambulance) grâce à l’utilisation de drones qui atteignent 160 km/h : un rythme de folie s’installe et une pierre à l’édifice du film d’action de se poser. Et un chef opérateur de sortir de la lumière (!): Roberto De Angelis, cadreur sur certaines comédies françaises (« Double zéro », « Turf »), mais aussi décorateur sur « Je voyage seule » ou « America latina ».

Michael Bay nous refait un « Speed » à sa manière, caméra au poing pour les scènes d’intérieures ou plaquées au sol, et c’est tout à son honneur car il arrive ainsi à maintenir une tension nerveuse de tous les instants.

Tension nerveuse qui ne faiblit pas et qui nous maintient accroché deux heures durant -quasiment sans musique !

Le ‘clippeur’ pour Tina Turner et Lionel Richie (!) à ses débuts nous offre son point de vue sur la situation et signe un film d’action (avec peu d’explosions ! -on peut le souligner !) sans temps mort, solide, fun et survitaminé. Ou quand Bay nous fait sa leçon de cinéma en réinventant les codes du cinéma d’action.


Le premier réalisateur de la saga « Transformers » (il en a même dirigé cinq !) organise un très bon duel d’acteurs.

L’affrontement Jake Gyllenhaal (« Donnie Darko », « Le jour d’après », « Brockeback mountain », « Zodiac », « Brothers », « Prisoners », « Everest » ...et tant d’autres !)/Yahya Abdul-Mateen II (de ce physique avantageux, il a pu jouer dans « Aquaman » et « Matrix ressurections ». A voir dans la série « Man on fire » qui vient de sortir.) tient toutes ses promesses, et à la « Bad boys » ou autre « Arme fatale », ces quatre épaules font de ce film d’action un buddy movie à l’ancienne car c’est bien l’apanage du film que de nous appuyer sur ces deux tire-flingues qui nous mitraillent à plus de 100 km/h dans les rues de la cité des anges face aux forces de l’ordre.

Parmi les seconds couteaux qui ont retenu mon attention, je pointerai :

- Olivia Stambouliah (entre-aperçue dans la série « The walking dead »), charismatique en lieutenante de police ;

- Garrett Dillahunt (vu au cinéma dans « Winter’s bone », « 12 years a slave », dans des séries comme « Les 4400 », « The mindy project », ...) avec un physique qui en impose en capitaine de police ;

- A. Martinez (connu pour avoir joué dans les séries « Santa Barbara », « Profiler » et « Dark winds »), formidable en baron de la drogue à la « Scarface », un parfum très 80’s ;

- et Eiza Gonzalez (vue dans la série adaptée de « Une nuit en enfer », elle lorgne ensuite vers des rôles d’action : « Baby driver », « Alita », « Fountain of youth »), l’infirmière retenue en otage, qui forme un agréable trio avec le duo de braqueurs Gyllenhaal/Abdul-Mateen, convaincant à souhait.

J’ai trouvé ce casting un poil effacé, sauf pour Gyllenhaal qui tient bien son rôle de méchant qui a fière allure, en comparaison des stars qu’il a dirigé dans « Bad boys », « Rock » ou « Armageddon », bien que ces derniers films cités soient des sur-blockbusters, comprenons, des films à majors (de Bruckheimer, rien que ça !).


Ici, ce n’est pas forcément le scénario (écrit sur la vitre arrière de l’ambulance !) qu’on retient mais davantage les improbables et indétrônables courses-poursuites sur les autoroutes, boulevards et rues de Los Angeles qui se fait un personnage à part entière sous les angles de vue du réalisateur (et producteur de « American nightmare » et « Sans un bruit » notamment), qui, pour une fois, prend le temps de filmer, et pour le coup, à toute vitesse, une cité des anges gangrenée par la violence à tous les étages de la société (et sans musique tape-à-l’œil).

Michael Bay ne critique aucunement la société mais pointe du doigt, sous couvert d’un film d’action avec sa caméra virevoltante, une Amérique blessée par les cartels de la drogue. Ce qu’Antoine Fuqua nous avait envoyé en pleine gu**** (!) avec « Training day ».


Dernière note : par les temps qui courent, je prendrai bien un réservoir comme celui-là pour ma voiture !


Pour conclure, « Ambulance »(2022), remake d’un film danois du même nom, assure un bon moment de détente et reste un divertissement dont le spectacle est attendu mais fun de la part de Michael Bay, le ‘Roi de l’entertainer’.

Un blockbuster virulent, testostéroné et jubilatoire. Un petit classique du film d’action.

6 étoiles sur 10.

Accord parental souhaitable.


Spectateurs en manque d’adrénaline, foncez !


PS : en quatrième position de mon cycle d’avril-mai, « Copland », le chef d’œuvre du polar des 90’s, avec un Stallone dans son meilleur rôle dramatique.

En clôture, « Last action hero », symphonie du film d’action en mode majeur, avec Schwarzenegger dans son meilleur rôle, qui me lance sur mon instant Cannes composé uniquement de « The artist ». Déclaration d’amour passionnelle au cinématographe (il faut que je le revoie une deuxième fois pour une analyse en bonne et due forme), « The artist » a été césarisé du meilleur réalisateur (pour Hazanavicius) et produit par notamment les fameux frères Weinstein qui sont crédités pour le premier volet du « Seigneur des anneaux », Peter Jackson recevant cette année une Palme d’honneur pour la 79ème édition du Festival de Cannes.

brunodinah
6
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Créée

le 22 mai 2026

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