Desservi par une triste réputation puisqu’il aurait conduit Clint Eastwood à envisager de reprendre ses études loin du cinéma, Ambush at Cimarron Pass se redécouvre aujourd’hui dans le sillage d’autres westerns attachés aux armes à feu, notamment Winchester’73 (Anthony Mann, 1950), perçues comme le symbole de la masculinité belliqueuse et destructrice de l’équilibre entre les individus et de l’harmonie entre les peuples. Nul hasard si, dans le long métrage qui nous occupe, les fusils apparaissent peu de temps avant la jeune femme gisant sur le sol : une fois réveillée et remise en forme, elle déambule dans le campement militaire avec sensualité, devient le centre des convoitises des soldats alors projetés sur la scène d’un théâtre et contraints de répéter les mêmes gestes et dialogues devant les mêmes décors dépouillés. Un climat paranoïaque souffle ainsi sur des personnages condamnés au piétinement, à l’attente et aux affrontements incessants, absurdité d’une condition que les dernières répliques explicitent quand il s’agit de brûler les armes portées tant bien que mal sur cent soixante kilomètres… Une production mineure mais à la théâtralité digne d’intérêt.