Amer, d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, raconte trois moments de la vie d’une jeune fille, trois traumatismes, trois chapitres qui vont progressivement nous entraîner dans un univers de plus en plus troublant.
Les deux réalisateurs jouent avec plusieurs références cinématographiques. Il y a du giallo, du cinéma érotique, du poliziottesco… Mais Amer ne cherche jamais à copier les films qu’il cite. Cattet et Forzani s’en servent pour construire leur propre langage.
Le film fonctionne comme un véritable collage. La musique, elle aussi, puise dans d’autres longs métrages. Tout est pensé pour provoquer des sensations, des impressions, des émotions.
Et c’est là que Amer devient passionnant.
Ce n’est pas forcément un film facile d’accès. Le récit avance très peu par les dialogues, qui sont réduits au minimum. Ici, c’est l’image qui parle. Un regard, un mouvement de caméra, un bruit, une texture, un corps, un plan peuvent raconter bien plus qu’une longue scène de dialogue.
Le film est sensoriel, fiévreux, sensuel. Il y a quelque chose de presque hypnotique dans cette succession d’images et de plans iconiques.
Amer est un film qui se ressent autant qu’il se regarde. Une expérience de cinéma atypique, troublante, parfois déroutante, mais surtout passionnante.