Postiche et factice sous les spotlights des années 70.
Le débat dure depuis les années 90 et n'a toujours pas trouvé sa conclusion. David O.Russell,prodige de l'époque Miramax,est un réalisateur qui déstabilise autant les uns par la liberté exagérée de son cinéma (affranchissement des règles du story telling classique)qu'il ravit les autres par les performances d'acteurs confondantes et les dialogues aussi burlesques que spirituels. "American Bluff" mérite t-il ses 10 nominations aux Oscars 2014? Non. Est-il une escroquerie en référence opportuniste au titre? Non plus. C'est une sorte de comédie d'arnaque non identifiée,qui emprunte autant à Scorsese pour les travellings incessants qu'aux frères Coen pour ses personnages grotesques. Les gens aimant ranger les films dans des cases,celui-ci ne peut plaire à tout le monde.O.Russell se contrefiche ou presque de l'affaire Abscam dont il s'inspire. Lui,ce qui le fait jubiler,c'est le jeu de dominos et cet art du factice qui s'orchestre entre des personnages plus barrés et pathétiques les uns que les autres. Christian Bale bedonnant et roublard. Amy Adams étincelante et manipulatrice. Bradley Cooper clownesque et influençable. Jennifer Lawrence déjantée et maligne. Jeremy Renner amical et valeureux. Un casting or massif,qui s'exprime avec bonheur,moumoutes à la clé,au milieu d'une reconstitution seventies volontairement kitsch. Légèrement décevant tout de même par rapport à "Fighter" ou "Happiness Therapy".