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le 4 févr. 2021
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Big George a de quoi être nostalgique, alors qu'il fait ses premières armes dans le Cinéma, il a vu, en à peine dix ans, le Vietnam, Nixon et les assassinats des Kennedy ou de Luther King gâcher sa...
On peut accuser George Lucas d'être un businessman opportuniste et porté avant tout sur le fric mais certainement pas d'être un imbécile. Il y a toujours eu, que ce soit ici ou avec Star Wars, une sorte de conscience politique dans son oeuvre que les Inrocks mettaient très bien en valeur dans un papier de décembre.
Parce qu'American Graffiti, derrière son emballage de produit nostalgique de ce que furent les sixties, c'est avant tout un rapport constant avec le spectateur d'une transition que connut l'Amérique. Le film, transporté par l'insouciance et la candeur de ces jeunes, ne se déroule pas en 1962 par hasard : 1962, c'est le crépuscule d'une Amérique de fantasmes et de frivolités, l'aube de l'assassinat de JFK et de l'intensification de la violence au Vietnam, soit l'aube de la paranoïa et de la brutalisation d'une société.
L'importance implicite de cette transition, de ce jeu nostalgique que partagent le réalisateur et le spectateur, trouve tout son sens dans le prologue final. J'ai remarqué, en lisant des critiques, que beaucoup de gens trouvent ce prologue inutile. Pourtant, c'est l'essence même du propos de Lucas, c'est ce qui confirme la thèse de son regard sociétal, on a assisté à deux heures de pérégrinations légères et enthousiastes d'une bande soudée et charmante pour finir avec l'annonce brutale et surprenante du destin funeste de la moitié des héros. Le film dit beaucoup de choses avec très peu de procédés, et c'est ce qui fait que ce n'est pas une nostalgie gâteuse de vieux con qui est transmise ici, mais un regard politique pertinent et inquiet.
Mais ne boudons pas non plus la simplicité du plaisir : le film est un teen movie génial, avec une bande-son écrasante, porté par une chouette troupe d'acteurs pleins de vie - où tout le monde s'interpelle dans les voitures et dans la rue - et de vieux bolides. Alors forcément, le résultat est un peu voire beaucoup tape-à-l'oeil, mais le plaisir de l'instant nous rend complices de ce soupçon de racolage.
Et Harrison Ford avait déjà la méga classe.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Marathon cinématographique 2016 d'une tortue
Créée
le 16 févr. 2016
Critique lue 685 fois
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le 4 févr. 2021
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