Le maladroit Tony Kaye tend à traiter une histoire de haine avec maturité par l'usage du noir et blanc, mais il en ressort une œuvre puérile.

Bien utilisé, l’absence de couleurs peut donner un tout autre sens aux scènes et permettre d'étendre le niveau de compréhension du film, comme avec le cinéma d'Andreï Tarkovski. Ici, on pourrait l’interpréter comme un passé plus sombre, moins jovial et plein de haine. A la manière de La Liste de Schindler, le noir et blanc peut rappeler les images d'archives de la guerre. Je trouve que cette alternance est assez efficace, malgré tout, d'autres ressorts cinématographiques laissent à désirer.


La surutilisation de ralentis ridiculise le film et n'apporte pas grand-chose si ce n'est la satisfaction du réalisateur. Un autre élément qui détériore l'expérience du spectateur est le caractère mièvre du film, le raconter à travers un devoir d'école par un adolescent n'apporte pas un regard d'une grande réflexion. J'ai grandement été déçu par la conclusion qui dit très naïvement que la haine, et bah... c'est pas bien !


Ensuite, le film ne laisse transparaître aucune faille, on comprend tout, de l'origine jusqu'à la rédemption. Alors, c'est rendu intéressant par la narration non-linéaire puisqu'on part en ne sachant presque rien, mais on est très vite guidé et on en sort sans questionnement. La musique contribue à l'accompagnement du spectateur sans forcément être trop prédominante, mais n'est pas neutre puisqu'elle prend tout de même le parti de Derek. L’œuvre est un peu creuse à ce niveau-là, ne pas avoir d'interrogations, que tout soit lisse et clair...


Pour ce qui est de la violence, on se demande parfois quel est le message que veut transmettre le réalisateur. Après tout, c'est une manière, certes radicale et très directe, de montrer que la haine des personnages les amène à l’agressivité extrême. Quoi qu'il arrive, Edward Norton livre une performance assez convaincante et réussit à s'approprier le rôle avec une grande force.


Pour conclure à l'image du film, une citation appropriée est la bienvenue :


"La nature s’est prise aux filets de ta vie.

L’arbre, ton ombre, montre sa chair nue : le ciel.

Il a la voix du sable et les gestes du vent

Et tout ce que tu dis bouge derrière toi."

LucasLeRat
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le 10 févr. 2026

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Lucas Dufau

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