Cerseï et son Desert Eagle.
Le principe du Home Invasion relève bien souvent de la visite guidée - un effort désaccordé voulu par les agences immobilières, allez savoir, mais permettant - à coup sûr - de découvrir la cuisine, sur votre gauche et la buanderie, au fond à droite. Je songe à "The Purge" et je vois, pourtant, un peu plus qu'un Open House.
Le concept, voyez-vous, de The Purge, reste sans nul doute la pièce maîtresse du film, un filon concret et laissant les idées délirer comme des gouttes d'eau sur une toile d'araignée. Une nuit par an, tous les vices sont permis. La projection des possibles est énorme, laisse présager une plongée dans la pénombre humaine et un renversement de la bonne pensée banlieusarde américaine. Voilà. La brique est posée. Une jolie brique, un peu bigarrée, qui fait songer "Tiens, voici un caillou peu commun". Mais la baraque, jetée au-dessus, est le dessin raté d'un architecte mal ramoné.
Le sourcil fronce principalement sur l'instabilité de l'univers. A nuit extrême, défenses appropriées : les maisons bourgeoises descendent leurs volets en titane, épais de dix centimètres et se claquemurent en attendant sept heures du matin. La maison de notre primesautière famille, coup du sort, abrite le designer-en-chef des systèmes sécuritaires. Sa porte blindée en sera-t-elle des plus renforcée ? Que nenni, Liliane ! Une brave vieille chaine remorquée par une Hounda grise, et le panneau saute. C'est bien légitime, on purge aussi les châssis. Commence alors une douce infiltration ; de souriants hurluberlus visitent cave et grenier, canon pointé ou lame affûtée et traquent la famille Lannister.
Le mot-clé : infiltration. Les atouts : silence et obscurité. Malheureusement pour ce film, je joue actuellement à "The Last of Us", survival horror nécessitant patience et discrétion. Ci-dessous, un court listing des erreurs commises par le cast, impardonnables même en mode "facile" :
- Ramper dans la lumière.
- S'abriter dos aux fenêtres.
- Vérifier la sécurité de chaque pièce par une rasade de lampe de poche.
- Appeler ses enfants, durant les moments de doutes.
- Tirer un ennemi, rester sur place, écouter les derniers échos de la déflagration.
- Claquer les portes, bien secouer la poignée, se lover dans la flaque d'un rayon de lune
- Courir sur le plancher vermoulu
- Oublier de recharger son flingue
- Se précipiter vers les sources de bruit
- Ouvrir, en fait, les volets blindés aux étrangers en détresse.
Je note, tout de même, deux soubresauts voulus originaux :
- La vengeance de la voisine
- Le Noir ne meurt pas
Mes deux points sont justifiés. C'est ce qu'on appelle purger sa note.