American Nightmare est de ces films qui se vendent sur une idée simple mais percutante. Dans un futur proche, le gouvernement des États-Unis en plein délire prophétique décrète que le crime est légal une fois par an, pendant douze heures. James Demonaco a une 1h25 pour nous convaincre.
Malaise ambiant dès le générique : sous le « Clair de Lune » naïf de Claude Debussy défilent prises de vidéosurveillance des massacres des nuits connue en VO sous le nom de « The Pledge », défouloir des crispations et des rancœurs de nos compatriotes d'outre-manche. Cependant, l'excitation retombe quand la réalisation, beaucoup trop quelconque pour un pitch aussi alléchant, rend longuette la présentation de la famille victime. Ethan Hawke en père de famille 100 % pur cadre supérieur et Lena Headey, révélée par 300 et Game Of Thrones en mère inquiète ; complètent le tableau, l'adolescente en pleine crise – soft tout de même – de rébellion et le cadet geek, et voici la parfaite famille américaine recluse dans leur magnifique demeure prête à se faire trucider de toute part.
Oui mais voilà, à trop vouloir hésiter entre critique politicio-sociale cynique, et simple gore, le film perd au fil des séquences la bonne foi de mise du spectateur pour plusieurs enchaînements d’événements prévisibles et finalement pas si originaux. Les bonnes idées sont là mais ne sont jamais exploitées à fond, nous laissant constamment sur notre faim. Entre exécutions répétitives et retournements de situation évidentes, l'escalade de violence tant attendue a l'effet d'un pétard mouillé. Dommage ; on attendait d'être bien plus secoué d'un film pas franchement désagréable mais finalement assez banal.