Amreeka suit les traces d'une Palestinienne et de son fils qui espèrent tout deux une nouvelle vie aux Etats-Unis. Déracinement, intégration, force, bêtise humaine, désillusion et espoir. Voilà les thèmes que la réalisatrice Chrerien Dabis aborde dans son film. Simple et sans artifices, elle y décrit la réalité du choc des cultures à travers un ensemble de personnages aussi travaillés que touchants magnifiquement interprétés par des acteurs débordants de sincérité. Si c'est un premier rôle pour Nisreen Faour qui débarque ici avec tout ces rêves dans l'Illinois profond en pleine guerre d'Irak, elle n'a rien à envier à Hiam Abbass et leur prestation sont à saluer. Qu'elles rient, s'insurgent ou pleurent, les deux femmes sont captivantes à mesure que le récit les ballote. Mais malgré un ton parfois léger et comique, la bêtise et les à priori ne sont pas en reste. Et c'est finalement ce que l'on retiendra de ce film, sa capacité à pointer du doigt certains malaises sans s'enfoncer dans une espèce de détresse perpétuelle grâce à cette volonté de dépeindre une réalité. Une comédie dramatique à la stupidité parfois brutale qui n'oublie pas de rester optimiste.