Spielberg et la politique, ça fait deux. A part la « Liste de Schindler » qui est sa (merveilleuse) anomalie, dès que le bonhomme se risque à aborder un thème politique d’aujourd’hui ou d’hier ça foire systématiquement. Son souci ? A mon sens c’est sa peur totale à vouloir s’investir dans la question. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il prend pour sujet l’abolition de l’esclavage. Ça remonte à loin, c’est assimilé par les Américains, tout le monde est d’accord. Et on sent que Spielberg ne veut surtout pas sortir de ce consensus car, si le but était de lier la situation de l’époque avec l’Amérique de son époque, c’est un remarquable loupé tant le film est lisse et unilatéral dans son discours. Là où il a su mettre l’ambigüité nécessaire dans sa « Liste », Spielberg se viande totalement dans ce film que je juge sans saveur. Quel malheur…