Je ne suis pas très fan des films à sketches, je le dis d'entrée.


Les deux moyens métrages ont en commun de reposer sur la performance d'Anna Magnani, et d'avoir trait à un amour destructeur.


La première histoire est une incroyable performance de la part de l'actrice, que l'on ne suit pas en plan séquence, mais presque, alors que l'histoire consiste en trois monologues qu'elle a au téléphone avec un amant, visiblement riche et célèbre, qui l'a délaissée pour une autre. Lors du premier appel, elle ment et essaie de cacher sa passion. Lors du second, elle avoue avoir menti et lâche les vannes. Lors du troisième, elle est au bord de la folie tant elle souffre.


Incroyable performance de l'actrice, tant dans la mémorisation que dans l'expressivité, le sens du tempo, etc... Simplement, l'histoire se termine sans véritable conclusion.


Le second moyen métrage, plus ambitieux, est surtout notable par son sujet social. On suit une mendiante dans un village de ce qui semble l'Italie du Sud. Dans la montagne, elle croise un berger muet qui ressemble à Saint-Joseph et la saoûle. Plusieurs mois plus tard, elle se découvre enceinte et croit avoir reçu une bénédiction de Dieu. Le village la suit en une procession qui semble révérencieuse, mais dégénère en quasi-charivari contre elle. La malheureuse fuit dans un ermitage, et on la quitte alors qu'elle vient d'accoucher. Là aussi, pas de véritable conclusion.


Dans ce second court-métrage, c'est le cadre du village et de la montagne qui est mis à l'honneur (mention à l'acteur qui joue le mendiant), mais on ne va pas aussi loin dans la dépiction qu'on le fera avec Stromboli. Reste la prestation de Magnani, encore une fois, entre réalisme social et dolorisme sulpicien. La première séquence est assez mal introduite. On vient de quitter une Magnani dévorée de passion dans l'histoire précédente, et ici on la retrouve en bergère naïve. Il faut un temps d'adaptation qui demande un peu de suspension d'incrédulité. C'est peut-être la faiblesse de cette oeuvre : trop se reposer sur l'indéniable talent de l'actrice.


Le sujet est intéressant (surtout dans le deuxième cas), mais ce n'est pas Rossellini à son meilleur (il faut vraiment que je revoie La peur un de ces jours).

zardoz6704
6
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le 3 janv. 2026

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