Pour mon plus grand plaisir, Sony a commis un délicieux sacrilège en transformant le sixième volet de la saga Anaconda en une comédie d’action-aventure. Un blasphème pour les puristes de l’horreur, certes, mais un petit miracle de cinéma populaire : du plomb transmuté en or grâce à Tom Gormican, un réalisateur-scénariste inspiré, et à un trio d’acteurs en état de grâce — Jack Black, Paul Rudd et Steve Zahn.
À notre époque, hélas, on collectionne les scénarios médiocres, les acteurs moyens et des spectateurs un peu imperméables au second degré, à la dérision ou au loufoque. Ils jugent aussitôt « pas drôle » toute tentative un peu audacieuse ; si un film ose un léger délire ou la légère parodie, il est relégué au rayon des nanars. Triste sort pour une comédie qui ne demande pourtant qu’une seule chose : qu’on accepte de sourire à un divertissement de bonne qualité.