Pour comprendre pourquoi cette mise à jour du classique de 97 est piteuse, il suffit de se concentrer sur 3 aspects et de se poser 3 questions simples s'articulant autour de ce que prétend être le film, c'est-à-dire une horror-comedy mainstream.
Première question : En tant qu'horror-comedy mainstream, est-ce que le film est drôle ? Réponse : Non, les acteurs surjouent pour essayer de compenser la médiocrité des dialogues, la majorité des blagues tombent à plat et ont un problème de timing comique à cause du montage et la seule séquence vraiment drôle et originale (Jack Black avec l'écureuil et le phacochère ) figure dans la bande-annonce (et même sur l'affiche).
Deuxième question : En tant qu'horror-comedy mainstream, le film est-il compétent sur le plan horrifique ? Réponse : Non, la tension et le frisson sont aux abonnés absents, le serpent est mal foutu (pourtant il y avait du budget) et totalement disproportionné (genre on dirait davantage un basilic). Jamais au cours du long-métrage, il y a une impression de menace, le reptile donne juste l'effet d'un ressort scénaristique ; il apparait et disparait tout aussi rapidement. Il faut certaines aptitudes techniques pour faire un natural horror efficace et la technique c'est clairement pas le point fort de Tom Gormican.
Troisième question : En tant qu'horror-comedy mainstream, le film est-il divertissant ? Réponse : Absolument pas, l'ennuie prédomine, en particulier lors de la première moitié.
Anaconda version 2025 lorgne sur un modèle de comédie méta du style "Tropic Thunder" de Ben Stiller, mais comme déjà évoqué Tom Gormican est unfunny au possible et est loin de rivaliser avec la verve drolatique d'un Ben Stiller ou même d'un Jake Kasdan. C'était déjà le cas avec son premier film "The Unbearable Weight of Massive Talent" (qui a récolté des bonnes notes de la part des critiques et des gens uniquement parce que c'était un hommage au monstre sacré Nicolas Cage) et ça se confirme ici. J'ai mille fois plus ri devant La guerre des mondes de Rich Lee (alors que ce n'est même pas une comédie). Après, l'original n'est pas une foudre de guerre non plus, hein. Mais au moins il génère un semblant d'immersion et la vilaine bébête est une réelle menace, elle existe en tant qu'antagoniste dans le récit et ses apparitions sont plus ou moins marquantes.
En conclusion, j'aurais préféré voir The Quatch, un film amateur avec du cœur, plutôt que cette énième excavation nostalgique laborieuse initiée par Sony.