Dire que j'avais des appréhensions avant de me lancer dans le visionnage de ce film tient de l'euphémisme.
Outre les commentaires et avis meurtriers qui pullulent sur tous les espaces où il a le malheur de figurer, je pressentais un genre d'erzats d'un certain "tonnerre sous les tropiques" qui, à mon sens, était déjà pas terrible.
Alors commençons par établir ce parallèle si vous le voulez bien. Les deux films ont en effet pas mal de similitudes à commencer par leur côté "méta" sur le paysage cinématographique hollywoodien. Un genre de faux film dans un film où la réalité rattrape la fiction toujours sur le ton de la grosse farce.
Mais là où tonnerre sous les tropiques se voulait être une énième satire au vitriol dudit paysage avec toute l'hypocrisie qui va avec en mode "on est un gros film à gros budget et on raille allégrement notre propre mise en œuvre" (je ne comprendrais jamais cette mécanique d'écriture et le fait que ça n'interroge jamais personne), Anaconda 2025 lui n'est qu'un joyeux pastiche et une belle déclaration d'amour au cinéma de genre.
C'est peut être aussi pour ça que le plaisir infantile bien palpable de cette bande d'enfants attardés s'apprêtant à réaliser un rêve m'a semblé aussi communicatif. Jack Black n'a jamais aussi bien fait du Jack Black que dans ses autres Jack Blackeries, car là, il est VRAIMENT son personnage. Un ado piégé dans un corps d'adulte bedonnant toujours en quête de conneries avec ses potes et ce, sous n'importe quel prétexte.
Le film ne fait certes pas dans la dentelle. C'est lourdingue, assez beauf et poussif, mais contrairement à Tropic Thunder qui ne brille non plus pour sa subtilité, le film ne se cherche aucune excuse pour être con et tout s'autoriser. Il en découle un naturel, une nonchalance bien plus marqué que dans son ainé spirituel ce que j'ai grandement apprécié.
Et on sent que cette philosophie est poussée jusque dans cette fameuse dimension méta. Les mecs cherchent un prétextes pour faire les gosses et quoi de mieux qu'un film d'horreur de type série B assez honnête pour s'adonner à ce genre de fantaisie ?
Un film de divertissement qui ne cherche rien d'autre qu'à s'affirmer comme tel et allant jusqu'à taper du poing sur la table pour faire valoir son droit d'exister... C'est peut être ça le problème.
Nous vivons à une ère du cinéma auto-masturbatoire où le paraitre intelligent prédomine sur l'authenticité.
Bin j'ose le dire, ce film, sans être mémorable fait son taff en dressant des doigts aux sentiments élitistes et en montrant quatre protagonistes s'éclater dangereusement.
Certains aiment ça, d'autres préfèrent le cinéma d'auteur, mais la grande majorité, elle, apprécie le cinéma hypocrite qui prend l'un et le déguise par l'autre. Si vous me suivez vous savez de quel type de cinéma je parle !