1967, le festival de Cannes est en émoi devant ce film soviétique qui offre au travers de l'illusion de la vie du peintre historique sur icône Andreï Roublev, deux manifestes, en première partie de témoignage de la destruction quais totale par les soviets du patrimoine orthodoxe russe, et en seconde partie du renouveau de foi dans sa jeunesse. Tarkovski était un visionnaire dans chacun de ses films. Stalker pour Tchernobyl, ici Roublev pour la venue future d'un jeune chrétien qui mettra fin au communisme, Gorbatchev (surtout par sa femme, comme dans le film). Le film s'ouvre en première partie par le vol maladroit d'un ballon gonflable emportant un inconnu qui s'écrase plus loin. Il n'est pas le temps venu que les prières s'exhaussent, mais elles viendront par miracle. Donc la première partie s'enfonce dans la sauvagerie du communisme finement caché. Roublev y perd la foi.
Seconde partie, un jeune fait croire qu'il a hérité du savoir faire de son père fondeur de cloche, alors qu'il n'a rien reçu. Désespéré devant une commande princière, il erre sous la pluie dans la boue, chutant, jusqu'à ce que dans la glaise d'Adam la foi renaisse pardonnant tout. Roublev est en admiration devant le son de cette cloche qui sonne la fin du film, avec ses icônes passant en couleur sous la pluie du Ciel qui les bénit.
Images saisissantes de la Passion du Christ sous la neige jusqu'au Golgotha, et combien d'autres passages qui seront développés dans "Stalker".

jesuisici
10
Écrit par

Créée

le 19 déc. 2020

Critique lue 76 fois

jesuisici

Écrit par

Critique lue 76 fois

D'autres avis sur Andreï Roublev

Andreï Roublev

Andreï Roublev

9

Sergent_Pepper

3187 critiques

« Contempler, créer, renoncer, s’élever »

Après L’Enfance d’Ivan, Tarkovski embrasse pleinement son art pour se lancer dans une fresque monumentale, à la fois reconstitution historique de grande ampleur et réflexion puissante sur les affres...

le 9 nov. 2013

Andreï Roublev

Andreï Roublev

10

SanFelice

1419 critiques

"Réconcilier l'homme et Dieu"

Il y a des films qui sont tellement exceptionnels que j'ai peur de ne pas trouver les mots pour les décrire. Tellement ... que les superlatifs paraissent bien fades. Tellement... que je me sens...

le 7 déc. 2013

Andreï Roublev

Andreï Roublev

2

Wobot

22 critiques

Pourtant, j'ai essayé...J'AI VRAIMENT ESSAYE MERDE!

Vous savez, à la veille de 2014, j'avais pris une résolution un peu saugrenue: me lancer dans un cycle Tarkovski...Vous savez, Tarkovski? Un des cinéastes les plus adulés sur ce site, ayant presque...

le 15 févr. 2014

Du même critique

Alice et le Maire

Alice et le Maire

1

jesuisici

62 critiques

Alice au pays des maires, veille.

Oublions un instant le scénario catastrophe qui n'invite même plus à porter un gilet jaune, la première constatation est l'effondrement du jeu de Fabrice Luchini. D'où la question qui tiraille le...

le 5 oct. 2019

Snowflakes Are Dancing

Snowflakes Are Dancing

10

jesuisici

62 critiques

Isao Tomita aime la France et ouvrit les synthétiseurs au Japon

Isao Tomita (22 avril 1932 - 5 mai 2016) rend hommage au compositeur français Debussy dans un album devenu célèbre dans le monde entier : "Snowflakes are dancing". Bien des morceaux ont furent...

le 26 oct. 2018

Salò ou les 120 journées de Sodome

Salò ou les 120 journées de Sodome

1

jesuisici

62 critiques

La pédérastie de Pasolini infiltrant le 7e Art dans la pornographique

Les critiques de leur temps ne s'étaient pas trompés, Pasolini a tout simplement montré ses fantasmes et sa vie sexuelle dérangée. Il est le premier à oser exhiber ses mœurs, alors que ni Sartre, ni...

le 31 mai 2019