L'histoire racontée dans "Andreï Roublev" est décousue : ce n'est ni un film biographique, ni un film historique. Qu'y cherche-t-on ? Un peu de la lumière qui brille à la fin. Le film est à l'image d'un fleuve, il va quelque part et on suit le courant. Le personnage d'Andreï Roublev lui-même n'est pas si important. Alors quoi ? L'âme russe. Peut-être, surtout un retour aux fondamentaux religieux de l'âme russe. Tarkovski a quelque chose de Soljénitsyne, et à l'époque on ne pouvait qu'applaudir à la critique du régime, mais aujourd'hui c'est plus embrouillé, car entre slavophilie orthodoxe, l'eurasisme de Douguine et la guerre de tranchées du Donbass, il m'est plus difficile d'apprécier rétrospectivement le message contestataire qu' "Andreï Roublev" véhiculait à l'époque.
J'y ai mis une note de 6 car je n'ai pas accroché à la narration, je n'ai pas suivi le courant même si je suis resté admiratif devant certains plans. Pour la critique, ce deuxième opus de Tarkovski est (évidemment) un grand film. Le réalisateur n'avait que 29 ans. Respect.