8 ans ! 8 ans que Monsieur Daniel Day--Lewis , géant de l’acting ayant (re)transformé le principe de la composition d’acteur au fur et à mesure de ses incroyables rôles , nous a quittés .....


Attention !

Quitter dans le sens prendre sa retraite , bien évidemment !


Nous laissant avec un dernier grand rôle : "Phantom Thread" (2017) réalisé par Paul Thomas Anderson déjà à l’œuvre avec Daniel Day-Lewis dans "There Will Be Blood" (2007) , une préstation encore une fois extraordinaire.


Après 8 ans sans nouvelles , on s'était dit que l’homme aux multiplex Oscars s’était délibérément enfui de ce monde qu’il l’a toujours voulu mais qui n'était pas réciproque pour l'acteur britanico-irlandais, ne voulant jamais tomber dans le piège du rôle inutile , ce qui explique sa rareté cinématographique dans toute sa carrière.


Mais voilà que Ronan Day-Lewis , fils de Daniel Day Lewis , ressuscite l’acteur pour peut-être une ultime Rédemption ou simplement par plaisir de vouloir partager artistiquement un moment suspendu dans une pellicule avec son fils ,


Avec le très mystérieux "Anemone", (aucun lien avec l’actrice française, LOL ) , film déjà sorti en octobre dernier chez nos voisins British et qui sortira en Mars 2026 chez nous sous le sous-titres inutile "Les Racines du Mensonge"


Est-ce si étonnant de revoir Day-Lewis à l’écran, plus de 8 ans après sa dernière participation à l’écran , à la fois oui , par ce surprenant retour au sein du cinéma Indépendant , et non, le réalisateur étant le fiston , Le Daron se voyait mal refuser une demande de sa progéniture. Sans oublier la participation de l'acteur au scénario du film.


Force est de constater que les valeurs de Lewis n’ont pas changé , Lewis acceptant un retour vers le petit film intimiste au détriment du gros blockbuster hollywoodien qui tâche , un retour cohérent.


Pour autant , ce retour à la comédie 8 ans après son requiem , est il un retour réussit à travers une odyssée spirituelle ou une forme de Pétard mouillé comme le souligné les critiques britanniques ?


Ce qui choque au premier abord ( et pas tant que ça finalement) c’est cette similarité entre la destinée du personnage de Ray Stocker et de la vie de son interprète à l’écran :


Un homme exilé depuis plus de 8 ans (Ray / Daniel) fuyant un monde qu’il a abandonné (le cinéma / l’armée ) jusqu’à ce que les démons du passé ne refassent surfaces , ce monde qu’il a abandonné se porte très mal ,


Grossièrement le cinéma se porte mal et on a besoin d’homme tels que Daniel Day Lewis pour le sauver ,(ceci étant ma théorie)


Et pourtant, le récit de Ronan Day Lewis semble très loin des carcans du blockbuster actuel , "Anemone" est un pur drame intimiste sombre teinté de quelques passages drôles par le jeu de Daniel Day Lewis mais qui très vite rappelle qu’il est un film contemplatif et intimiste dans le bon autant que dans le mauvais ,


Qui dit drame , dit film avec des thématiques et pourtant tous les thèmes de ce film ( le deuil , la mort , le doute , la peur , les secrets ) semble soit trop confus pour en discerner un lien cohérent entre les personnages , soit trop abstraits pour en ressortir un élément fort.


Et si on rajoute au récit une structure lente et très ennuyeuse parfois.


Ne vous attendez pas à un film très dynamique malgré la présence de Daniel Day-Lewis qui lui semble complétement détendu et dynamique dans cette boîte trop petite et cadrée qu’est "Anemone".


Le film reste agréable au visuel par des plans naturels soigneusement pensés qui font ressortir une forme de poésie naturelle convaincante à l’image de sa musique peut-être trop présente ou trop répétitive mais qui étonnamment jongle avec l’ambiance que veut dépeindre Ronald Day-Lewis.


Concernant les acteurs , je me garde monsieur Day Lewis pour la fin , car le film souffre d’un trop-plein de personnages qui n’arrivent pas à vivre ou à être développés par justement ces thématiques trop abstraites.


Nommant celui de Sean Bean trop secondaire et qui fait peine en face de Daniel Day Lewis qui bouffe intégralement l’écran , il serait facile de justifier ce raisonnement car Day Lewis est un monstre qui prend tout l’écran par son charisme ,


Cependant repensez à "There Will Be Blood" dans lequel Paul Dano réussissait magnifiquement à être présent autant que Daniel Day-Lewis (en déplaise à Tarantino qui pense le contraire).


Il en est de même pour Samantha Morton , actrice que je ne supporte pas au premier abord pour son surjeu constant dans beaucoup de films (Minority Report) cependant , son personnage est inconsistant et semble presque inutile, pareil pour le fils qui semble être trop peu présent ou mal exploité pour croire à cette tragédie familiale si on peut parler de tragédie , là aussi le film semble aller trop rapidement sur son sujet , étonnant pour un film qui prend trop son temps par des monologues et des passages trop verbeux , Dommage , les 15 premières minutes semblaient justement être prometteuses en laissant la caméra dicter les pensées des personnages et non l’inverse.


Dans ce marasme de confusion , Le Dernier des Géants : Daniel Day Lewis est là pour sauver le film de ses problèmes , encore une fois Day Lewis crève l’écran arrivant à être aussi diablement drôle et ingénieux (notamment une scène de monologue qui rappelle énormément la fin de "There Will Be Blood" , encore moins subtile) que purement touchant par 2 scènes du long métrage qui prouvent la puissance d’un comédien qui manque énormément au cinéma actuel , de ce genre de comédien qu’on ne fait plus et qui , en très peu de temps nous embarque indéniablement dans son personnage, Daniel Day-Lewis restant ainsi le dernier des géants vivant au panthéon des plus grand acteurs du cinéma tout simplement.


Précédemment je disais que le film se rattachait réciproquement à l’homme Daniel Day-Lewis autant qu’à son personnage , l’autre élément qui va le démonter semble le contexte historique de l’Irlande du Nord en pleine guerre , Ray étant un ancien soldats ayant fui par un événement qui l’a transformé.


Le film va se rattachait au contexte de l’Irlande du Nord qui accentue d’autant plus cette proximité entre l’œuvre et la carrière de Daniel Day-Lewis s’étant énormément retrouvé dans des récits racontant cette période notamment avec Jim Sheridan qui sont devenus des formes de luttes personnelles pour l’acteur de 68 ans ( "My Left foot", "In the name of the Father" , "The Boxer" ).


"Anémone" est une suite logique de sa carrière avec des incohérences et des confusions.


Malgré le retour  en grande pompe de Daniel Day Lewis incroyable de bout en bout du long métrage , prouvant qu’il est un acteur qui manque terriblement au cinéma ,


Le début de Ronan Day Lewis à la caméra et au scénario semble etre un début un peu fragile , par son récit confus , ses comédiens qui peinent a exister ou son récit affreusement long et ennuyeux, gardant des thématiques poignantes mais trop timides  ou trop abstraites , il en reste cependant une forme d'oeuvre  requiem étrangement métaphorique  pour Daniel Day Lewis qui subjugue ce film comme une  lettre d'adieu et un dernier tour de piste pour le dernier des Mohicans.


Cine-Eyes
5
Écrit par

Créée

le 24 févr. 2026

Critique lue 75 fois

Cine-Eyes

Écrit par

Critique lue 75 fois

1

D'autres avis sur Anemone - Les racines du mensonge

Anemone - Les racines du mensonge

Anemone - Les racines du mensonge

6

Cinmax

27 critiques

Seuls au monde

Tout commence dans un silence.Les arbres dansent sous un ciel plombant.C'est sous ces feuilles vertes que le personnage de Daniel Day-Lewis vit reclus de toute civilisation depuis de nombreuses...

le 28 févr. 2026

Anemone - Les racines du mensonge

Anemone - Les racines du mensonge

4

soleilnova

6 critiques

Merci papa?

Tout d’abord commençons par ce qui va bien dans ce film : une photographie contrastée, des mouvements fluides, quelques plans de la nature de toute beauté. Voilà. Tout le reste est problématique.Un...

le 28 oct. 2025

Anemone - Les racines du mensonge

Anemone - Les racines du mensonge

4

DirtyVal

1148 critiques

Le naufrage esthète d'un géant endormi.

C'est navrant de devoir coller un 4/10 à un film avec Daniel Day-Lewis, mais faut être honnête : c'est un retour raté. On a attendu sept ans qu'il sorte de sa retraite pour qu'il revienne dans...

le 26 mars 2026

Du même critique

Les Rayons et les Ombres

Les Rayons et les Ombres

8

Cine-Eyes

98 critiques

Les Misérables de l'Ombre !

Xavier Giannoli fait partie de ces rares auteurs en France à pousser son sujet, souvent très pertinent, au bout de ses idées : réussir à porter un sujet souvent ancré dans une époque donnée et...

le 18 mars 2026

Les K d’Or

Les K d’Or

4

Cine-Eyes

98 critiques

Ça ne vaut pas tout l’Or du monde !

Aussi confus que désordonné , parfois autant gênant que incompréhensible, le premier film de Jérémy Ferrari est une œuvre aussi bordélique que fastidieuse, pas forcément nul mais pas forcément réussi...

le 14 mars 2026

Marty Supreme

Marty Supreme

8

Cine-Eyes

98 critiques

Suprême NTM ( Narcissique , Trompeur , Menteur)

Déjà proclamé comme le premier grand film de l’année 2026, voir l’un des frères Safdie, Josh, désormais en solo autant que son frère Benny, dresser le portrait d’un champion de ping-pong à travers le...

le 12 févr. 2026