Tout commence dans un silence.

Les arbres dansent sous un ciel plombant.

C'est sous ces feuilles vertes que le personnage de Daniel Day-Lewis vit reclus de toute civilisation depuis de nombreuses années. Seul et hanté par ses propres démons, il s'enfonce dans un mutisme ambiant, jusqu'au moment où son frère (Sean Bean) vient lui rendre visite.


L'expérimenté Sean Bean se montre à la hauteur de son partenaire dans l'incarnation de ce frère distant. Il l'écoute longuement, bien plus qu'il ne parle. Il doit laisser de la place à un acteur de la trempe de Daniel Day-Lewis qui s'exprime avec un tel brio et une telle justesse. Soudain sorti du silence par la venue de son frère, il monologue souvent seul et parvient à (s')émouvoir en un claquement de cil. La marque des grands.


Son personnage d'homme torturé a vécu des traumatismes variés pendant ses plus jeunes années (épisodes des Troubles, de son père violent ou du prêtre).


La guerre, justement, à laquelle il a contribué en tant que soldat : peut-être la goutte d'eau de tous ces malheurs qui aura fait déborder le vase ? En a résulté l'abandon d'une famille en devenir, qui aura ensuite bien du mal à se construire sans ce fondement paternel.


Cet exil, c'est la fuite des traumatismes, la fuite du temps, la fuite d'une vie qui l'a brisé lentement mais durablement.


Dans ce film, aucun flashback n'est employé pour illustrer les peines et les douloureux souvenirs du protagoniste liés à ses relations ambiguës qu'il entretenait avec son père ou encore son frère. Ce lourd passé est retranscrit au fil de l'eau avec habileté, en évitant soigneusement le recours aux flashbacks ("montage magique").


Enfin, parlons du goût pictural de Ronan Day-Lewis - certainement le gros point fort du film (si l'on excepte son casting). Ce style, presque inné, du réalisateur éclate comme une certaine évidence (d'après les dires d'un père pas peu fier de son fiston, lors de l'avant-première du film). Ceci se remarque d'emblée. La plupart des plans sont sublimes, notamment les vues mêlant paysages désertiques et lumière naturelle. La peinture joue un rôle important (si ce n'est majeur) dans la confection des plans de Ronan Day-Lewis. Le jeune réalisateur excelle dans ce domaine.


Toutefois ce style contemplatif peut mener à quelques longueurs ressenties durant le visionnage. Quelques moments auraient peut-être gagné à être raccourcis (de mon modeste point de vue).


Et vous, qu'en pensez-vous ?

Cinmax
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le 28 févr. 2026

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