La première qualité de Gioia, l'héroïne du deuxième long-métrage de fiction de Dario Albertini ? Assurément, la générosité et l'altruisme, non seulement vis-à-vis de sa communauté rurale mais aussi de son veuf de père, dont l'addiction au jeu semble une malédiction. De la campagne à la ville, la caméra du cinéaste ne quitte jamais cette jeune femme volontaire de 18 ans, qui semble ne rien craindre pour elle-même, y compris de sacrifier une partie de sa jeunesse à essayer de sauver son père. Un beau personnage, décrit avec délicatesse et précision par un réalisateur qui a signé trois films documentaires pour commencer sa carrière. Si Anima bella n'a pas disposé d'énormes moyens, cela n'entrave en rien le sentiment de proximité avec le récit et surtout avec son personnage principal. Dans ce cinéma-là, qui rappelle par certains côtés celui d'Alice Rohrwacher, il n'y a pas de place pour l'esbroufe ou pour la flamboyance. Tout juste peut-on regretter, et encore, que Anima bella ne s'éloigne pas parfois de Gioia pour se rapprocher du père qu'on ne voit finalement que par les yeux de sa très dévouée fille. Celle-ci est incarnée par Madalina Di Fabio, une actrice vraisemblablement débutante et prodigieuse de bout en bout.

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le 17 oct. 2021

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