J'aime bien le concept d'ami imaginaire. Peut-être parce que j'ai moi-même réalisé ma p'tite BD sur le sujet et que cela constitue une thématique récurrente (le fantasme qui prend forme est mis en oeuvre dans un de mes prochains projets). Quand j'ai appris l'existence du film, j'ai tout de suite voulu le voir.
Malheureusement, c'est pas génial. Et on le sent assez vite. L'histoire peine à démarrer et à exploiter ses divers sujets. On ne sait pas trop où on va, ce qui empêche le spectateur de se constituer des attentes et donc de créer des enjeux. Les références sont présentes, citées directement (si pas, ça crève les yeux, comme celle de "Calvin & Hobbes") et étouffent parfois le récit. Sur la fin, le récit prend enfin forme, le spectateur se laisse prendre au jeu, sans doute parce que les auteurs installent des choses de moins en moins décousues. En plus, tout au long du film, on a droit à quelques belles scènes poétiques qui maintiennent l'intérêt du spectateur qui suppose alors qu'il n'est pas là pour rien.
La mise en scène est sympathique. Il y a beaucoup de jolies scènes ou de jolis plans, ce qui soutient l'ambiance narrative. Les effets spéciaux sont réussis, je ne m'attendais pas à ce que les mouvements de la peluche soient si convaincants. Le casting est également bon, tant par la gueule que par la qualité d'interprétation. Enfin, la bande son fonctionne bien : la voix de la peluche est bien trouvée, l'idée de cette école en immersion est originale et le choix musical fonctionne bien même s'il donne l'impression que ça aurait pu être plus déjanté, plus délirant.
En effet, c'est un peu le reproche qu'on peut faire outre le manque de structure : ce film est beaucoup trop sage là où il aurait pu être un véritable petit OFNI assumé.
Bref, "Animals" est une découverte intéressante mais qui manque de quelques couilles.