Anna et les loups. 8ème long métrage de Carlos Saura. Quelques années avant son plus connu. Cria Cuervos.
Anna (Geraldine Chaplin) se rend dans une famille espagnole, dans une maison perdue au milieu de la pampa, pour être gouvernante de trois petits filles. Une veuve, hystérique, et ses trois fils. Le premier fils est le père des trois fillettes. Il est marié, mais fantasme immédiatement sur la jeune gouvernante. Le second, vieux garçons, aurait bien aimé être militaire : il est fasciné par la guerre et collectionne les uniformes qu'il aime, de temps en temps, enfiler. Mais pour une raison qu'on ignore, il n'a pas pu être militaire. La lâcheté, peut-être ? Lui aussi fantasme sur la jeune femme. Enfin, le dernier, vieux garçon lui aussi est pris de religion. Il décide de devenir ermite et de vivre dans une grotte un peu plus bas. Bien qu'il ait renoncé à tout, il lutte contre ses pulsions pour la jeune femme. Quant à elle, elle n'a rien d'une innocente ; espiègle et un peu perverse, elle aime se moquer de ces trois frères. Elle a tout de même une préférence pour l'ermite. Jusqu'au jour où il veut lui couper les cheveux ...
Le jour où les fillettes retrouvent leur poupée emballée, ligotée et enterrée, on comprend que c'est le signe annonciateur d'un drame.
Ce film, moins connu que les autres, sans doute, est une réussite à bien des égards. Il a un côté surréaliste qui rappelle le cinéma de Bunuel. Bien entendu, il est parfois lourd et pesant, comme l'atmosphère de cette pampa espagnole. Et il se termine en théâtre de la cruauté, comme semble aimer le faire Carlos, qui critique toujours d'une manière ou d'une autre le franquisme (deux ans avant la mort de Franco). À voir.
7,3/10