Don't judge a book by this cover
Regardé par hasard, ne sachant rien de ce qu'il m'attendait j'ai été surpris de nombreuses manières.
Je ne suis pas habitué à voir, et encore moins à apprécier, ce genre de mise-en-scène théâtralisée. Après quelques froncements de sourcils, j'ai toutefois trouvé cela très intéressant et, d'un point de vu purement esthétique, superbe. À chaque fois, ces isolements théâtraux marquent une étape, autant dans l'histoire, que dans la mutation psychologique des personnages.
L'intérêt historico-sociologique de cette histoire de Tolstoï n'est pas oublié, sa mise en oeuvre est relativement bien menée mais la réelle félicitation de « témoin sociologique de son temps » ne revient qu'à Tolstoï. J'élude les critiques, dans l'ensemble positives, sur la cohérence des codes, pratiques, interactions et relations, classements/déclassements, jugement, statuts, réactions, processus sociaux etc. émanant de l'oeuvre littéraire et non cinématographique.
L'image, le décor, les costumes, la théâtralisation, les effets temporels et les transitions étoffent et savent déguiser ce récit à mon sens - on m'en excusera - cousu de fil blanc. Nous savons bien sûr l'infime partie que représente le fil de l'histoire dans une oeuvre complète.
J'ai été assez déçu par le jeu de Knightley, plusieurs moments ont été assez gênants en termes de réalisme et de cohérence. Quant à Jude Law, il aurait pu, tout simplement, être un personnage hors-champ.
Pour ne pas finir sur une note négative, j'avoue que, j'ai passé un agréable moment à regarder ce film, surtout pour son esthétisme (pour la forme originale à mon goût) et, pour le fond, sa pertinence sociologique (mon vrai domaine d'expertise). J'ajoute enfin, comme humble compositeur de bande-son, une note des plus élevées à Dario Marianelli qui, entre adaptation et création, a effectué un travail remarquable.