J'ai enfin compris qui était Mae West.
Mae West c'est une sorte de Sacha Guitry femelle, sauf qu'elle ne réalise pas. Comme lui, elle écrit ses pièces et ses adaptations, est célèbre pour ses bons mots, et surtout, passe son tempsà se donner des rôles de jeune première séduisante malgré un physique des plus disgracieux.
Oui parce que, en vrai, Mae West, c'est pas possible que tout le mopnde tombe amoureux d'elle... Victor McLaglen à la limite, c'est plus une bête qu'un homme, ils vont presque bien ensemble, mais pour les autres, non, restons corrects, il y a comme quelque chose qui ne fonctionne pas à la base... Le petit mountie tout puceau à la moustache de faux bellâtre qui se liquéfie d'amour pour elle, j'ai comme un léger doute...
Ceci dit, c'est super touchant de la voir jouer comme si tout cela était normal, l'air de rien, roulant de ses hanches flasques et de ses petits boudins de bras dénudés avec la même assurance sexuelle que n'importe quel joli petit lot de son époque. Il y a quelque chose d'unique chez Mae West (heureusement d'ailleurs), quelque chose de presque merveilleux, entre le mythe et la farce involontaire, mais avec quelque chose de plus fort que prévu derrière.
Ici, scénario de haut vol, théâtral en diable, donc, avec une partie à Chinatown et pas mal d'élipses étranges, un voyage sur le bateau du capitaine bestial, toujours aussi chouette, et l'arrivée au Klondike sous l'identité d'une soeur la vertu venue évangéliser les barbares chercheurs d'or... Un régal...
En ce sens, il y a une scène assez formidable de réunion religieuse qui nous rappelle que Walsh est effectivement derrière la caméra.
Pour le reste, c'est pas méchant, mais c'est quand même très spécial, les âmes pures qui préfèrent les otaries feront bien de ne pas essayer plus avant ce genre de choses, les autres non plus d'ailleurs, mais pour le cinglé qui reste, je rassure tout de suite, ça se regarde presque et ça ne dure même pas quatre-vingt minutes...