Le film s’inscrit dans un futur proche inquiétant, où l’intime et l’idéologique se confondent jusqu’à devenir indissociables. À travers le portrait d’un couple pris dans un engrenage de radicalisation feutrée, Komasa interroge la facilité avec laquelle le confort bourgeois peut cohabiter avec la violence extrême. La mise en scène, froide et rigoureuse, privilégie une tension diffuse plutôt que l’esbroufe, laissant le malaise s’installer lentement. Si le récit souffre parfois d’un symbolisme appuyé et d’un didactisme qui limite l’ambiguïté, le film séduit par sa lucidité et son refus du manichéisme simple. Anniversary agit comme un miroir sombre tendu à nos sociétés anxieuses, rappelant que la radicalité ne naît pas toujours en marge, mais peut éclore au cœur même de la normalité.