Anora est un film visuellement soigné, mais qui, malheureusement, ne parvient pas à transcender ses clichés. Si la photographie reste très agréable, elle manque parfois d'audace et d’originalité. Les couleurs et les plans sont bien utilisés, mais l’ensemble paraît un peu trop convenu, sans cette touche de singularité qui aurait pu faire la différence. Les paysages sont parfois beaux et froid, on est parfois autant à NY qu'en Russie.
Ce qui sauve en partie le film, ce sont les seconds rôles, interprétés avec justesse par des acteurs qui parviennent à donner de la profondeur à des personnages parfois écrits de manière un peu stéréotypée. Ces performances apportent une touche de crédibilité à l'ensemble et ajoutent un peu de nuance à l’histoire et surtout beaucoup d'humour. Pourtant, Anora peine à sortir des schémas narratifs prévisibles, et son ambition de dépasser certains clichés échoue dans l’ensemble. Il semble que le film, bien qu’il essaie de briser des codes, tombe souvent dans les mêmes travers, avec des personnages et des situations que l’on a déjà vus ailleurs.
Le manque de rythme est également un frein majeur : certains passages du film traînent en longueur, perdant ainsi l’attention du spectateur. La lenteur de l’évolution narrative finit par nuire à l’engagement émotionnel, et l’ensemble laisse une impression de film inachevé, coincé entre l’envie d’être plus original et la difficulté à dépasser ce à quoi il ressemble. Au final, Anora reste un film qui offre de belles images, mais qui ne parvient pas à convaincre pleinement par son histoire ni à se détacher des clichés qui l’emplissent.