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le 15 août 2011
SuivreTrop c'est trop
Ayant vu le film à l'époque en avant-première, je me contenterai de dire que c'est une oeuvre démente: le fruit d'un esprit malade et dérangé en dépit de certains passages assez beaux noyés hélas...
Von trier, l’homme dévoré par ces peur et sa souffrance utilise son cinéma comme exutoire. une façon pour lui de pouvoir libérer ces démons, une façon pour nous, spectateur, d’observer un esprit en crise. malgré une dimension intime, l’œuvre final ne s’éloigne pas tellement de ces créations précédentes. des personnages profondément aliénés, déséquilibrés, prisonniers de leurs propres spirales mentales. une mise en scène froide et constamment malaisante sublimé par une forme d’insolence presque provocatrice. renaissance ou récession ? peu importe, LVT ne quitte jamais ces excès et antichrist nous le confirme.
jugé par certain trop poisseux, trop incompréhensible le film trouve justement dans cette radicalité une certaine beauté. la ou certains recherchent de la clarté et du sens LVT fait le choix catégorique de détruite toute stabilité narrative, morale et même mental pour laisser place a une expérience sensorielle pure où le malaise domine comme « le chaos règne » dans le film.
car Antichrist parle avant tout - et surtout - de deuil mais ce n’est pas le seul sujet, il parle tout autant de nature et de la femme. certains y verront une œuvre purement misogyne (difficilement contestable au vu de la personne qu’il est et comment ces actrices sont traités) d’autres n’y verront qu’une provocation de plus. pourtant le réduire à ces qualifications serait passer à côté d’un potentiel horrifique persistant, d’un trouble chronique et d’une gêne durable car oui, antichrist se range au côté de ces œuvres qui marquent et qui dérange.
LVT, le misogyne, explore aussi le thème de la peur du féminin prenant forme d’une ancienne figure : la sorcière. La femme ne devient pas seulement instable et dangereuse mais elle est reliée à une histoire de persécution à une mémoire ou elle est lié au mal, à la nature aux chaos. Transformant sa souffrance en violence, tentant de se détacher de cette culpabilité sordide, elle devient incontrôlable et détruite.
la tension s’installe progressivement et nous enferme dans Eden, un chalet isolé où un couple tente de survivre au traumatisme. mais Eden ne ressemble en rien au paradis terrestre décrit dans la Genèse ; ici, les renards se mutilent, les corbeaux braillent autour des corps, les cerfs errent avec un fœtus à moitié expulsé. la forêt reflète la santé mentale de la femme ou chacun affronte ces plus grandes peurs. la nature est une entité organique, irréelle et surtout cruelle. Eden n’est plus un refuge mais un mythe inversé, une rationalité faussée, un paradis corrompus devenu enfer.
dans ce cadre LVT joue avec le voyeurisme de son public. il impose des images abrupts de chairs, de mutilation, de complicité. regarder devient une forme de participation, le spectateur est ramené au même rang que le personnage masculin impuissant face à la peine viscérale de sa femme, dépassé par une peine qu’il tente de rationaliser. mais peut on réellement tenter de guérir la peine d’une mère en perte de son enfant?
enfin, le titre en lui même "Antichrist" la notion même d’antechrist - figure issue de l’Apocalypse opposé au divin - prend ici un sens ambigu. est ce la femme consumée par la douleur ? ou bien la nature forçant la culpabilité de la femme, amorale échappant à toute tentative de compréhension ?
Créée
le 1 avr. 2026
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le 15 août 2011
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