Inspiré par les propres souvenirs de son réalisateur, Hamy Ramezan, arrivé d'Iran en Finlande à l'âge de 7 ans, Any Day Now propose une lecture assez différente de tour ce que l'on a pu voir au cinéma, concernant le sort des réfugiés en Europe, menacés d'expulsion à plus ou moins long terme. L'épée de Damoclès est bien présente dans le film mais c'est le regard d'un jeune garçon de 13 ans qui en constitue la matière première, entre une vie familiale harmonieuse et une adaptation et assimilation qui ne le sont pas moins, auprès des Finlandais. On pourra d'ailleurs trouver que la vision du metteur en scène est quelque peu angélique puisqu'aucune tension xénophobe n'est ressentie par la famille iranienne, parfaitement intégrée et heureuse dans son nouveau pays, malgré un avenir qui n'est en rien assuré. Le film s'attarde sur un quotidien serein et, pour son jeune héros, sur un premier émoi amoureux, comme si la vie continuait en dehors des tracas extérieurs, dans une situation de sursis. Any Day Now séduit en suivant son sillon avec modestie, toujours dans le positif et dans le profondément humain, avec une réalisation élégante et fluide qui, en outre, met en valeur la photogénie des paysages finlandais. A peine peut-on regretter qu'en dehors du garçon de la famille iranienne, ses autres membres soient relativement en retrait. C'est notamment dommage pour la mère, personnage solaire, qui irradie par sa gaieté quasi permanente et dont chaque apparition est une bénédiction.