Dès les premières images, Train Dreams de Clint Bentley saisit le spectateur par la puissance de sa mise en scène.
Le film raconte l’histoire d’un bûcheron au début du XXᵉ siècle, un homme qui connaîtra la joie et l’amour autant que la douleur et la rudesse du labeur. Dans l’immensité des forêts américaines, il cherche sa place, humble silhouette perdue parmi les géants de bois.
D’une simplicité bouleversante, le long-métrage atteint une beauté presque absolue. Train Dreams est traversé par une grâce rare, celle de ces œuvres qui ne surgissent que trop peu souvent. Bentley opte pour le format carré, le 1.33, comme pour mieux magnifier la verticalité sacrée des arbres et capter la respiration profonde des étendues forestières. Il connaît ses maîtres — John Ford, Terrence Malick, Jeremiah Johnson — mais ne les imite jamais : il s’inscrit dans leur sillage avec humilité et singularité.
Pour incarner le bûcheron, Joel Edgerton livre une performance magistrale. Il ne joue pas : il habite son personnage, le porte comme une seconde peau. Si les Oscars n’étaient pas devenus une machine un peu trop huilée, il aurait sans doute une vraie chance d’obtenir la statuette du meilleur acteur.
Train Dreams est peut-être l’un des plus beaux films de l’année. Ne passez pas à côté.