"What lies beneath" est en quelque sorte un hommage à Alfred Hitchcock signé Robert Zemeckis, ce dernier ne s'en était d'ailleurs pas caché au moment de la promo du film.
On est dans le registre du thriller d'épouvante mainstream, avec une touche de fantastique : un cocktail pas forcément goûteux, et propice à la gueule de bois.
La mise en scène de Zemeckis est le point fort du film : avec une économie de moyens rafraîchissante, le réalisateur de la trilogie "Back to the future" gère la montée progressive du doute et de l'angoisse, tout en maîtrisant ses effets "horrifiques" (avec une toutefois un goût prononcé pour les jumpscares).
Certaines séquences apparaissent très réussies (celle de la baignoire, par exemple) et rappellent effectivement le savoir-faire du Maître du suspense.
D'autant que le score d'Alan Silvestri a parfois des accents de Bernard Herrmann.
Ce qui est déjà moins pertinent, c'est cet amoncellement de références plus ou moins subtiles (en vrac : le personnage principal se prénomme Norman, comme Bates dans "Psycho" ; l'héroïne espionne ses voisins en mode "Rear window" ; on insiste sur le rideau de douche, toujours façon "Psycho"...), qui donne l'impression d'un film-patchwork finalement très impersonnel, d'autant que Kubrick et son "Shining" sont également convoqués par Zemeckis.
Plus gênant, le scénario s'avère prévisible et finalement très linéaire. Après avoir lancé son récit dans plusieurs directions, comme autant de fausses pistes, Zemeckis se recentre (comme prévu) sur la relation entre ses deux personnages principaux, incarnés par Michelle Pfeiffer et Harrison Ford.
D'ailleurs, les deux têtes d'affiche ne déméritent pas, surtout Pfeiffer qui compose une screaming queen fort acceptable, mais l'ensemble apparaît très convenu.
Au final, si le onzième long-métrage de Robert Zemeckis n'est pas un naufrage, on reste déçu face à ce thriller domestique aux accents horrifique et fantastique.
"What lies beneath" reste un divertissement regardable, surtout plombé par ses longueurs, la faute à une durée clairement excessive au regard du scénario proposé.