Un film qui n’a pour lui que ses prétentions esthétiques et sur lesquelles je vais passer. Voir des paysages, c’est bien, mais je peux aussi lancer l’économiseur d’écran de mon ordi ou regarder NatGeo si je veux en voir.
Les moments contemplatifs ont un intérêt dans la mesure où le film est riche en interprétations. Ce n’est pas le cas d’Archive, dont l’action est simple au point où il aurait pu être adapté sans problème en court-métrage. L’action est longue et le film s’appesantit encore et encore sur des détails dont on a déjà compris le sens, comme s’il s’adressait à des demeurés.
Les longues séquences en extérieur sont si lourdement appuyées qu’elles semblent implorer des prix et des nominations au festival de Cannes. À part rallonger la sauce, elles n’apportent en définitive pas grand-chose.
Si l’on regarde la distribution, ce n’est pas mieux. Le personnage principal est à l’image du scénario : fade et monodimensionnel. Je ne sais pas si c’est l’acteur ou le scénariste qui l’a voulu ainsi, mais tout lui semble passe à au-dessus de la tête.
Sa boss le menace de lui couper les vivres voire pire : tu me fais perdre mon temps. Ma femme m’annonce notre rupture : mouais ok, et sinon ? Quelqu’un lui braque un pistolet : et puis quoi encore ? J-02 sombre dans la dépression : il va arrêter de faire sa drama queen le tas de ferraille ? La disparition J-02, qui est censé faire partie de la famille, ne suscite pas une grande émotion : enterrement expédié et puis retour au boulot. J-03 a développé son petit caractère et n’a pas vraiment envie de se faire écraser les données par sa rivale : alors tu vas gentiment obéir et mourir pour mon petit plaisir, d’accord ?
Le film réussit tout de même le tour de force de broder plus d’1 h 30 autour d’un personnage à la fois antipathique et ennuyeux à mourir, une association que je n’avais encore jamais vue.
Même les robots sont plus humains et convaincants dans leur jeu d’acteur, c’est dire. La palme revient à J-02, qui porte à elle seule le film. J’aurais aimé qu’on la suive davantage plutôt que l’espèce de zombie qui nous sert d’acteur principal.
Côté science-fiction, c’est encore une fois très pauvre. On a droit à la formule de base. Pas de contexte, pas de tentative d’expliquer comment l’Archive a été créée, quel genre de société future peut soutenir le développement de telles technologies à l’heure où l’avenir de la nôtre est très incertain. L’objectif est encore une fois de raconter une histoire et lancer des questionnements, puis d’utiliser la Sci-fi comme prétexte.
Le twist final n’apporte pas grand-chose et semble artificiel, trop convenu.
Archive est un film lent sans grand intérêt. Je ne saurais qu’en déconseiller le visionnage.