A l’instar de Mars Express deux ans auparavant ou Amélie et la Métaphysique des tubes la même année, Arco apporte une bouffée d’air frais dans le cinéma d’animation de par son particularisme français, que celui-ci soit dans une animation qui refuse les standards américains, ou dans une écriture qui fait la part belle à une simplicité ingénue, à l’instar des traits du dessin.
Une bouffée d’air frais également de par la thématique abordée, celle de notre future humanité qui a connu les bouleversements prédits par les consensus scientifiques de notre époque, mais qui est parvenue à se relever en mettant enfin en application leurs préconisations. En entremêlant deux époques, celle de la fin de notre société, effrayante de vraisemblance, et celle de l’après, sorte de Terre solar punk dépeuplée des hommes, Ugo Bienvenu parvient à sensibiliser et à avertir sur les conséquences universelles de nos dérives post-industrialisation tout en refusant de sombrer dans un défaitisme total.
Certes, les interstices entre les époques dépeintes semblent présager d’une quasi extinction de notre espèce via un essoufflement de notre planète, mais les leçons qui en sont tirées permettent un avenir illuminé par la raison. Et ne serait-ce pas cette promesse d’un possible futur qui permettrait justement à la pilule de mieux passer auprès du citoyen lambda? Si ce n’est pas de mon avis (au vu des enjeux globaux, je suis plutôt prompt à une intransigeance totale sur toutes les questions écologiques, qu’importe qui doit être bousculé), c’est la question que sous-tend Arco, et à laquelle il répond dans la relation qui se noue entre le personnage tutélaire et Iris, entre les deux époques.
Derrière toute sa dimension de récit d’anticipation, le film garde une positivité totale, donnant à Bienvenu un patronyme tout à fait opportun. Arco n’a pas d’antagonistes (tout juste des zigotos maladroits dans l’exécution de leurs intentions bienveillantes), prêche l’amour et l’eau fraîche, et se pare de couleurs chatoyantes, même dans l’Apocalypse. Un tel débordement d’optimisme est communicatif et fait un bien fou.