Pour un premier long-métrage Ugo Bienvenu fait preuve d'une maturité rare.
Il nous livre ce petit bijou de narration servi avec une qualité graphique impeccable et des musiques sublimes, on s'émerveille du début à la fin.
Au fur et à mesure de l'intrigue se dévoile les deux mondes, celui d'Arco, en harmonie avec la nature (dans la partie qui sera montrée en tout cas), ou la société n'exerce qu'un contrôle semble-t-il limité sur les individus, ou la technologie n'a qu'un rôle fonctionnel et ou la famille et le lien humain prend toute sa place.
Et celui d'Iris qui résiste aux intempéries (tempêtes, méga feu) protégé par des bulles et où les machines s'occupent de tout (nourrice, police, enseignement, travaux) mais ou les humains (en tout cas les parents d'Iris) habitant en ville continuent à travailler, certainement pour alimenter un système capitaliste et productiviste.
C'est une des grandes forces du récit, il n'explique que très peu de choses sur son monde, seulement assez pour nous laisser imaginer, car au fond ce qui compte c'est l'humain.
Et c'est la deuxième grande force du film, la représentation des rapports humains.
De la sincérité, de la douceur, de la maladresse, de l'émerveillement, de la complicité et de l'amour désintéressé.
Finalement comme Iris on se prend à rêver, oui un autre monde est possible.