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Vaughn dit s’être inspiré des James Bond et de La mort aux trousses pour sa comédie, influences génériques pour évoquer un film d’espionnage cherchant l’équilibre entre le sérieux et le rocambolesque ; rien de trop parodique contrairement aux Kingsman, il s’agit ici de restituer un héritage et non de le narguer. Derrière la prétendue nouveauté, la structure rejoue en fait l’audace habituelle du cinéaste : il pose la carte de la moquerie pour ensuite tendre vers le solennel. C’est amusant au début, certains gags fonctionnent, et on se demande par quel tour de passe-passe le film explorera le thème déjà ringard de la vérité artificielle et de la terrible révélation du faux. Mais l’ouverture progressive aux sentiments est un échec car Vaughn ne connaît rien de plus que les mécanismes du cliché, connaissance dont il ne sait plus s’accommoder dès qu’il s’agit de raconter un drame. Comment rendre compte de la trahison vécue par son personnage, du vertige existentiel produit par cette accumulation de twists comiques qui recomposent sa réalité ? À coups : d’explosions au ralenti / de plans drones à répétition sur des paysages européens / de champs contre-champs filmés à la chaîne et découpés au hasard / de musiques paresseuses / de relation hétéro qui mène forcément à l’amour classique / d’homosexualité décrite comme amitié virile / de scènes d’action qui débullent et recadrent en boucle pour créer cette sensation de fausse lisibilité chère au cinéaste. Comme on fait une parodie inefficace, dont on a déjà vu mille fois les effets, qui se perd dans l’apparat de la prise de sérieux et se méprend sur ses propres intentions prises en étau, comme tout traditionalisme de droite, entre la blague vulgaire et le conservatisme.
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Créée
le 31 janv. 2025
Critique lue 16 fois
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