Arianna, ou l’impact qu’une décision de parents peut avoir sur un enfant en développement.


A 17 ans, Arianna commence à mener une enquête, ne trouvant pas chez elle les signes avant-coureurs habituels au développement corporelle avant le passage à l’âge adulte chez les femmes.
Carlo Lavagna nous livre dans son film un sujet peu traité, suffisamment tabou pour avoir des difficultés à trouver un distributeur afin de porter sa voix.


Au-delà du sujet justement traité, le film est vraiment bon, la couleur est pure, accordée avec le paysage rural, presque sauvage, qui entoure le film et le personnage d’Arianna (semblant comme enfermée dedans). Le paysage pose un parallèle avec l’innocence de l’enfant –celui qui n’a pas choisi sa condition, celui qui naît pur et que l’on peut transformer- puis l’évolution de celui-ci jusqu’à l’âge adulte. Ces partis prit semblent porter un jugement contre la position autoritaire des parents, les droits qu’ils s’octroient –ou plutôt que le système genré, qui ne permet donc pas aux individus d’être une autre personne qu’un homme ou une femme, impose aux parents- de modifier la nature de leurs enfants si ceux-ci ne correspondent pas à la norme imposée, ici allant jusqu’à cacher à l’enfant sa véritable identité.


Le mensonge des « adultes » est dénoncé par le réalisateur qui montre l’une des multiples conséquences que cela peut avoir, dans ce type de cas, sur l’enfant auquel on a toujours menti.
La découverte de celui-ci se fait par le biais de la croissance d’Arianna et par celle des autres jeunes qui l’entourent. C’est parce qu’elle parle, regarde sa meilleure amie, qu’Arianna voit qu’elle ne se développe pas aussi facilement qu’elle, qu’elle a un problème. La croissance et la sexualité qu’elle aurait dû avoir, elle l’observe sur cette amie qui peut vivre « normalement » et par ce biais, elle trouve certaines pistes de réponses à des questions simples mais finalement plus difficile à résoudre qu’à poser.
Les autres jeunes personnages en passages à l’âge adultes sont gentils et compréhensifs face aux réactions d’Arianna, face à un problème qu’elle ne leur avoue pas, à défaut de le connaître elle-même, contrairement aux adultes qui ne répondent pas à ses questions -dont ils ont en partie réponses- et la laissent seule face à ses doutes.


Soulignons le jeu excellent des acteurs, notamment celui d’Ondina Quadri (Arianna) qui endosse un rôle pas facile de mise à nu, en redécouvrant son corps qu’elle partage avec Arianna. Son interprétation des doutes sur la sexualité, des désirs, des problèmes que ceux-ci apportent chez Arianna, signent un début de carrière prometteuse.


C’est une vraie question sur la place du genre de l’individu dans la société actuel que nous pose le réalisateur à travers ce film aux contours politiques évidents. Arianna, d’une exceptionnelle vérité, mérite d’être mit en avant, malgré le peu de possibilité que la spectatrice/le spectateur français.e a pour le voir.


J’espère sincèrement qu’il sera distribué en France, et, si c’est le cas, je vous conseille de vous jeter dessus ! Guettez les festivals, car il risque, malheureusement, de ne pas y avoir beaucoup d’occasion de le voir…

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