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Arthur Rambo : un film pertinent mais trop sage sur les dérives numériques.
Laurent Cantet s’attaque ici à un sujet brûlant : la violence des réseaux sociaux et le lynchage médiatique qui guette les figures publiques. Son protagoniste, Karim D. (interprété par Rabah Nait Oufella), incarne parfaitement cette génération hyperconnectée dont les dérapages numériques de jeunesse deviennent des bombes à retardement.
Le film se concentre sur la chute d’un jeune écrivain brillant, rattrapé par ses tweets racistes et homophobes publiés sous le pseudo « Arthur Rambo ». Là où Cantet excelle, c’est dans l’observation clinique de la mécanique médiatique : le feu de paille, les commentaires assassins, l’emballement collectif. La caméra, souvent mobile et à l’épaule, donne une sensation d’urgence et colle au plus près du protagoniste, comme pour mieux souligner son isolement progressif.
Cependant, malgré son sujet éminemment contemporain, Arthur Rambo peine à dépasser le constat sociologique. Le film reste très théorique, comme si Cantet hésitait à prendre parti. Rabah Nait Oufella livre une performance solide mais un peu monocorde, là où un brin de folie ou de colère aurait pu apporter plus de relief. Quant aux seconds rôles, ils manquent d’épaisseur et se contentent d’incarner des postures plus que de véritables personnages.
Au final, Arthur Rambo interroge la responsabilité des propos et la violence des réseaux avec la justesse d’un observateur attentif, mais sans l’élan dramatique qui aurait permis au film de nous bousculer davantage. Un film important pour comprendre l’époque, mais qui aurait mérité plus de mordant et moins de précaution.