Arthur the King commet l’erreur de s’engouffrer dans une lecture psychologisante de cette improbable amitié entre un chien et un sportif de haut niveau, faisant du premier un double canin du second au titre de « survivant » partagé en raison des difficultés rencontrées durant leur existence : d’ordre moral et médiatique pour Michael Light, d’ordre affectif et médical pour Arthur. Dès lors, le chien n’est que peu représenté comme chien, aussitôt rencontré aussitôt sanctifié et doté d’une puissance supérieure dans laquelle la résistance aux épreuves mute en éloge du développement personnel.
Le récit peine d’abord à relier les deux destins, juxtaposant des séquences au demeurant mal filmées et montées, intrigue davantage quand vient l’entraide – des sportifs à bout de souffle, un chien qui les prévient, les guide, les conseille telle une hallucination collective – puis se vautre dans le misérabilisme de façon à émouvoir le spectateur. La recette, fonctionnelle mais des plus stéréotypées, échoue ainsi à restituer l’authenticité d’une relation qui n’a jamais le temps de naître à l’écran, capturée par la caméra comme les influenceurs déballent sans pudeur leurs sentiments dans l’espoir de gagner des abonnés – en cela, la critique esquissée des réseaux sociaux relève de l’hypocrisie. La musique envahissante sature d’épique l’accomplissement des épreuves, écrase les enjeux sensibles et spontanés sous des nappes sonores tout droit sorties des blockbusters contemporains. Au milieu de tout cela, un chien adorable et un Mark Wahlberg plein de préceptes.