Que ce soit la bande annonce, le synopsis ou l’affiche, tout respire la comédie adolescente. En commençant le film je me suis demandée si ce serait une histoire qui se veut romantique ou subversive. Toujours une bouteille d’alcool entre les mains, toujours une cigarette entre les doigts, toujours un homme entre les cuisses.
Puis ce flou reste un moment à en devenir presque lassant.
Puis en fait c’est le drame d’une fille perdue mais qui reste agaçante car elle ne semble pas avoir d’évolution malgré toutes ses réflexions.
Du coup c’est perturbant. Ce sujet des agressions sexuelles qui finissent toujours soit avec quelqu’un en recherche extrême du regard masculin, soit en recherche extrême de s’y dérober. Là c’est le premier cas et même en comprenant son personnage le côté léger avec lequel le film la montre se détériorer en l’amenant comme quelque chose de presque sexy ça la rend détestable.
D’ailleurs le twist final qui ne m’a pas spécialement déplu le confirme. Qui aurait pu lui vouloir du mal ? Tout le monde. Oui, parce qu’elle est détestable.
Je vais faire ma franglish de merde mais le film donne tellement de mixed signals que je suis arrivée à la fin sans savoir qu’en penser. Elle couche avec tout le monde, tu ne sais pas trop si comme elle le dit elle a une attirance pour les hommes plus âgés (traumas tout ça blabla, la chanson habituelle) ou juste les hommes en couple. Si toutes ses relations sont excitantes façon fille décomplexée avec des hommes attirants ou juste une traînée et des porcs. Il n’y a pas la satisfaction de confrontations des divers triangles amoureux. Son pote dépressif est là sans qu’on sache réellement pourquoi, est-ce qu’il est censé représenter une relation saine avec quelqu’un qui ne cherche pas à coucher avec ou il est juste trop timide et se fait quand même pigeonner au restau et vient lui faire remarquer qu’il a demandé aucune faveur contrairement aux autres comme si c’est ce qu’il espérait tout de même in fine.
Tout du long il y a un ersatz de prise de conscience et pourtant elle ne change rien à son comportement jusqu’au bout et ça représente le film, je vois pas où ça veut en venir. Pourquoi on plongerait autant dans l’intimité de ce personnage pour ne rien en tirer ?
C’est dommage parce que le côté dramatique sous-jacent ne prend jamais complètement le dessus mais laissait penser que des réflexions profondes pourraient en être tirées.
Et ça finit.
Ça finit au départ sur un vieux libraire qui d’un coup représente l’Amérique puritaine de manière tellement appuyée que c’en est déplacé. Me suis demandée si cet instant « père la morale » avait été imposée par un producteur dévôt. Puis en même temps d’un coup le vieux devient bizarre sur les dernières répliques (encore un déviant?) mais toujours est-il que Katie trouve une forme de paix alors que son avenir s’annonce quand même moisi.
Ça finit « à la fin » sur un twist : Katie a reçu un appel anonyme puis a disparu sans qu’on n’en retrouve jamais la trace. Le blog qui faisait office de narration tout le long du film était réellement légèrement modifié comme elle l’expliquait au départ sans qu’on n’y prête réellement attention et sa mère essaye désormais de démêler le vrai du faux pour savoir ce qu’il est advenu à sa fille (on n’aura aucune réponse). Du coup toute la vibe qui restait quand même légère vient être alourdie par un côté fait divers bien lourd et moins sexy.
Ce qui m’a plu. Dommage que le flou artistique reste si présent.
Qu’en penser ? Je sais vraiment pas.
Sur la page Wiki j’ai vu que la réalisatrice avait fait une « suite » : Another Girl. Mouais, au vu de la B.A. on retombe sur l’adolescente blonde qui consomme de l’alcool, de la cigarette et du sexe. Presque envie de le voir pour constater à quel point il est critiquable mais flemme.